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RENCONTRE AVEC MICHEL SIMON A PROPOS DE SON ROMAN « LA VALSE DES LOUPS » (ÉDITIONS LE ROBINSON)

la valse des loups

Après “la valse des loups”, son 1er roman sorti en 2017 et publié aux éditions Le Robinson, Michel Simon (pseudo), policier, a mis les bouchées doubles pour trouver le temps d’entamer un 2ᵉ livre en cours d’écriture dont il garde secrètement le titre à sortir début de l’année prochaine. 

Avec sa soif d’écriture et son art de narrer des histoires policières dont les sujets n’en manquent pas dans sa profession, très proches le plus souvent des histoires qui l’obsèdent en permanence et en prise avec l’humanité révoltée, violente, criminelle. l’auteur mise sur tout ce qui touche à presque tous les genres sans se conformer pour cela à aucun, comme en témoigne les réponses à l’interview qu’il a bien voulu nous accorder à ce propos lors de notre rencontre au Festival international du dessin de presse et de la caricature. Là où il était invité  pour présenter son livre au public côté polars. Une première pour l’auteur de rencontrer le monde des dessinateurs et caricaturistes de presse et leur public pour une dédicace de son livre « la valse des loups ».  

Quelques mots sur Michel Simon

C’est surtout la puissance imaginaire qu’on remarque tout de suite chez lui, qu’il met en avant dans la dimension de ses récits comme jeune auteur, aux influences contemporaines certes mais surtout très professionnelles, issues du terrain et de son milieu policier dont il garde tout son professionnalisme.

Entre son métier qu’il exerce et sa passion d’écrire sans économie de mots, Michel Simon, l’écrivain et romancier du « roman noir » reste toujours soucieux de mêler souvenirs et imagination, toujours décidé à relater ses expériences extirpées de son métier, marqué aussi probablement par les lectures de sa jeunesse, autre passion jamais déméritée, qui sont partie prenante de toute sa culture. 

L’auteur est fin prêt pour entrer de plain pied dans la grande famille des auteurs du roman policier avec discrétion, tant il est vrai que son 2ᵉ roman qui va sortir, offrant encore des affaires bouillonnantes et scabreuses, avec ce sens du récit à lui, construit autour d’aventures et de mésaventures, est  attendu très prochainement avec impatience. Comme il était présent au festival du polar de l’Estaque qu’a organisé le Fidep (Festival International du dessin de presse et de la caricature) pour sa 7è édition. Une bonne occasion pour lui de participer à une  rencontre dédicace de son roman très marseillais « la valse des loups. »

Interview

En Répondant avec franchise et une grande humilité à nos questions, l’auteur nous a parlé de son métier, de ses choix d’écriture, de la ville de Marseille qui l’inspire, où la fiction et la réalité n’ont de cesse à abonder.

1/ Janapresse: Vous venez de publier votre 1er roman policier  » la valse des loups ». Comment vous est venue cette idée de récit tout à fait marseillais en prise avec le milieu de la ville ? 

Michel Simon : De par mon métier et l’expérience acquise.. Et j’ y ajoute cette passion en moi pour l’écriture et la lecture sur tout ce qui relève de la criminalité au quotidien, des affaires judiciaires douteuses, de la violence. J’ai connu et rencontré des personnes dont le quotidien semblait ordinaire, mais qui en réalité menaient une vie qui l’était bien moins. Soit par les épreuves souvent douloureuses qu’ils vivaient et sur lesquelles ils n’avaient aucune prise, soit par les défis qui se présentaient à eux et dont l’issue devait assurément mener à la réussite, à  la condition de faire les bons choix. Dans le premier cas « c’était la faute à pas de chance » a-t-on coutume de dire. On subit son sort et on doit souvent combattre contre soi-même afin de ne pas sombrer. Dans le deuxième cas, on vit dans l’illusion de tout maîtriser mais au moindre faux pas, à la moindre décision non adaptée à une situation donnée, tout est perdu et on ne doit alors son malheur qu’à soi-même: destins ou choix de vie? Difficile de se prononcer. Toujours est-il que de ces personnages-là, j’en ai bien connu, certains ne sont plus. Et c’est à eux que j’ai voulu rendre hommage, à ces gens  qui ont subi dans la dignité, et à ceux qui ont causé leur propre perte en toute bonne foi. 

2/ Janapresse : Vous avez choisi de prendre le pseudo de Michel Simon en référence à quoi? Avez-vous l’intention de le garder pour votre prochaine édition?  

Michel Simon : Cela faisait quelque temps que je cherchais un pseudo mais sans savoir lequel utilisé (un vrai casse-tête), et j’ai fini par opter pour celui de Michel Simon un très grand acteur décédé en 1975 et dont j’ai revu l’un de ses films encore récemment. Quant au fait d’écrire sous ma vraie identité, je n’en ai pas vraiment envie du moins, pas pour l’instant. L’humilité fait que je ne me considère pas encore comme faisant partie des grands du polar pour m’afficher ainsi aux yeux de tous. Et je vous confirme que Michel Simon me va très bien comme pseudo.

3/ Janapresse : Vous êtes déjà dans l’écriture de votre prochain roman policier. Dites-nous un peu plus sur le sujet de ce 2è livre?

Michel Simon : Oui, en effet, je suis sur l’écriture de mon 2è roman policier. Il aura pour cadre la ville de Marseille que je connais bien, et que j’aime. Bien sûr mon personnage principal Sercy sera au centre de l’enquête avec ses ramifications qui dépasseront les frontières. j’ai découvert sur le tard cette passion d’écrire notamment du policier, de mélanger fiction et réalité en prenant comme socle l’imaginaire et en y intégrant du vécu et des expériences du terrain acquises dans mon métier de policier. De ce regard porté sur l’écriture, c’est le polar qui m’a attiré au point d’en venir à raconter des sujets. Ce livre, sous forme de journal, je l’ai dédié à ma fille en lui contant ces enquêtes au quotidien que mène le héros, mais c’est aussi un roman en hommage à certains collègues et amis (Jean- jacques, Reynald, Pascal, Jean- Paul, tous décédés pas vraiment comme on pourrait le souhaiter), pour saluer leur courage et les extraire un peu de l’oubli dans lequel une très grande majorité d’entre nous est vouée à tomber après notre mort.

4/ Janapresse : D’où vous vient alors cette passion du Polar?

Michel Simon : Tout simplement de tout ce que je vis dans mon métier de policier depuis plusieurs années, de mes lectures de romans policiers et bien d’autres lectures encore qui m’inspirent en permanence. Donc précisément et quitte à me répéter, de tout ce vécu et d’un imaginaire qui, à un moment donné va faciliter pour moi une histoire fabriquée de toutes pièces avec ses personnages et son suspens. Quant à mon roman lui-même, c’est une histoire qui tourne  autour de la relation dans le travail entre deux personnes que tout oppose. Un enquêteur, un peu traîne savate qui s’intéresse de loin à ce qu’il fait, et une commissaire de police à la fois intègre et exigeante. Le premier ne la supporte pas, la fuit souvent à cause de sa réputation d’aristocrate poissarde. La seconde ne cesse de l’inciter à s’impliquer davantage dans ses investigations.  C’est ainsi que le héros va alors découvrir tout au long de son travail d’enquête que la nature humaine est sans limite dès lors qu’il s’agit de plonger et de se complaire dans les abysses de l’ignominie.

5/ Janapresse : Vous êtes invité au festival du Fidep ( festival international du dessin de presse et de la caricature) pour sa 7è édition à l’Estaque Marseille qui va associer des auteurs du Polar ? Quelles sont vos impressions?

Sur ma présence au Fidep, je suis très flatté d’être invité dans ce festival qui doit sa réputation à ses activités nombreuses et au talent de tous ceux qui l’animent. Les premiers sont les caricaturistes du monde entier habitués de ces lieux historiques de l’Estaque sans oublier les organisateurs qui mettent leur passion au service de tous. Pour moi c’est une occasion unique de retrouver le public marseillais et de faire connaître mon livre avec cette histoire typiquement marseillaise qui se déroule dans cette cité phocéenne,  aussi connue pour ses monuments que pour ses multiples paradoxes.Voilà pour l’essentiel, en plus de ma satisfaction d’être au milieu de ce public marseillais.

JACKY NAIDJA

MAISSA BEY* ENCHANTE LE PUBLIC AIXOIS DE LA LIBRAIRIE DE PROVENCE  D’AIX-EN-PROVENCE.

Maïssa BEY

Poursuivant inlassablement sa tournée qui l’a emmenée jusqu’à Aix en Provence et après le salon des livres de Mouans-Sartoux, Maissa Bey est allée à la rencontre du public aixois à la librairie de Provence. Un public fin connaisseur et familier de son œuvre qui s’est bien retrouvé dans son nouveau roman. Elle est venue avec sa spontanéité naturelle pour parler de son dernier roman « Nulle Autre Voix » publié aux éditions de l’Aube (2018).

Son enfance, sa jeunesse, ses débuts…

D’abord avec la presse, en abordant son enfance et ses premières lectures, celles qu’elle est allée chercher dans les appartements de son immeuble, laissés vides par les européens de l’époque qui ont quitté l’Algérie dans les premiers mois de l’indépendance. C’est d’instinct dit-elle: « je suis toujours à la recherche de livres et de lectures », d’où certainement cette passion qu’elle découvre avec envie. Puis dévoilant sa jeunesse au collège et au lycée avant l’Ecole Normale Supérieure des élites du professorat pour devenir professeur de français plus tard. S’adaptant comme elle le souligne avec courage dans l’Algérie indépendante, dont le quotidien de plus en plus difficile pèse sur tout le reste, où il faut livrer toujours un combat sans répit pour survivre et joindre les deux bouts. Professeur de français au lycée puis à la faculté, elle est la fierté de sa famille surtout depuis qu’elle a reçu en 2005 le grand prix des libraires pour l’ensemble de son œuvre. Puis vint le prix Cybelle en 2006 pour son roman autobiographique « Bleu, Blanc, Vert ». Un prix élogieux pour un livre sensible qui retrace les années de l’indépendance de 1962 à 1972. Une période parmi trois autres qui l’ont construite, dont celle de la décennie noire du terrorisme et celle d’après, c’est-à-dire d’aujourd’hui où tout est à reconstruire malgré le retour d’un certain fanatisme bercé par un islamisme ambiant de plus en plus en action. Elle y dévoilera une fois de plus sa passion pour l’écriture dont elle ne s’en passera plus jamais. Regrettant le déclin de l’enseignement mal adapté à cette époque dû à une formation défaillante et où les bonnes manières ont disparu laissant place à l’improvisation. Puis évoquera la place des réseaux sociaux envahissant la toile où tout se dit sur n’importe quoi. Douée pour l’écriture, elle entame une nouvelle carrière d’écrivaine, aux influences partagées entre le roman, les nouvelles, les essais et aussi les pièces de théâtre.

Maïssa BEY, une femme engagée

Chacun de ses romans est une histoire particulière confie-t-elle, vraie, où les femmes occupent souvent le bon rôle. Et avoue ne pas se reconnaitre dans l’étiquette de féministe qu’on lui fait porter souvent, même si elle est une voix pour les femmes algériennes parmi toutes les autres voix de femmes, engagée plus par sa plume acérée et portée par de la colère le plus souvent à cause de la liberté qui se rétrécie de plus en plus face au fanatisme qui reprend du service devant le désengagement du pouvoir de l’Etat.

Il y a chez elle ce mélange de douceur, de sagesse portant en permanence un regard des plus bienveillants sur le public jusqu’à la rendre émouvante, quand elle raconte avec grande éloquence son long parcours devant de nombreux lecteurs avertis, interrompue à peine par quelques questions auxquelles elle répond volontiers avec ses bons mots rassurants, épinglant sans cesse des anecdotes comme autant de souvenirs qui lui reviennent tout d’un coup à l’esprit. Avec toujours un retour à un de ses titres de livres qu’elle montre en exemple et notamment son dernier :

« Nulle Autre Voix »Nulle Autre Voix

Inspiré de faits réels sur cette rencontre de deux femmes, leurs échanges et autres confidences dont elle parle avec franchise et transparence. Où il est question d’enferment, de liberté, de femmes, violences et de meurtre, dans un pays comme l’Algérie qui subit de plein fouet la mondialisation et les crises du Moyen Orient et de la Méditerranée, qui conditionnent forcément l’avenir de cette région. Un roman dont le succès est déjà annoncé, tant il a été bien reçu au  dernier salon de Mouans-Sartoux par le public et les libraires. Ecrit dans un style concis, compréhensible, souple, qui raconte une histoire et un univers, celui de cette femme qui vient de purger 15 ans années de réclusion pour avoir tué son mari et qui a décidé  de se murer dans le silence gardant pour elle sa part secrète. Jusqu’à cette rencontre avec une autre femme écrivaine venue la chercher, bien décidée à la laisser parler d’elle pour mieux se dévoiler et se livrer peu à peu jusqu’à faire entendre sa voix dans une certaine liberté retrouvée.

Maissa Bey, avant de continuer sa tournée à Paris pour les lectures de textes et avant le salon du livre de Paris puis celui du SILA d’Alger, nous a  accordé une interview exclusive  qui sera publiée prochainement.

JACKY NAIDJA AVEC INES ILIANA NAIDJA

Photos : Guillaume LIAUTAUD

Maïssa BEY*Maissa Bey:

Romancière, essayiste, nouvelliste, dramaturge, est auteur de nombreuses publications aux éditions de l’Aube qui lui ont valu plusieurs prix.

MAISSA BEY *A AIX EN PROVENCE POUR  LA PROMOTION DE SON DERNIER LIVRE « NULLE AUTRE VOIX » AUX EDITIONS DE L’AUBE (2018) A LA LIBRAIRIE DE PROVENCE.Nulle autre voix

     RENCONTRE DEDICACE ET CONFERENCE DE PRESSE AU MENU DE CE RENDEZ-VOUS LITTERAIRE.

Après un détour par Lyon et après Paris et Mouans-Sartoux pour le salon du livre, Maissa Bey fera une halte à Aix en Provence qu’elle retrouvera le 9 octobre prochain. Là où justement elle est venue dédicacer son livre « Hizya » en novembre 2015.

Maissa bey de son vrai nom Samia Benameur est de cette nouvelle génération d’écrivains qui n’ont pour passion que l’écriture et même le don de raconter des histoires avec simplicité et authenticité. Son nom est lié à jamais à la ville légendaire de Sidi Bel Abbès près d’Oran où elle y habite et qu’elle éclaire de sa seule plume depuis de nombreuses années dans un  pays où la femme est étouffée par une société de plus en plus rigide, exigeante et renfermée sur elle-même. Comme dans le roman « Nulle autre voix » (éditions de l’Aube) que vient de publier Maissa Bey laissant imaginer la condition de la femme face à la réalité de la société algérienne.

De professeur à écrivaine

Après des études littéraires à l’université d’Alger et une carrière comme professeur de français, elle s’attache à l’écriture et à tout ce qui touche aussi culturellement au social à travers son association culturelle « Paroles et écritures » créée en 2000 avec une bibliothèque et l’organisation d’échanges avec des auteurs au milieu des lectures publiques et autres animations diverses pour les enfants et les adultes. Maissa bey dans son domaine de prédilection l’écriture, connue pour sa voix féministe, avec 15 publications de titres chez son principal éditeur l’Aube, les uns aussi prestigieux que les autres, sait plus que nul autre raconter admirablement les histoires, sachant restituer les moments  les meilleurs de ses récits avec subtilité et finesse pour toujours transmettre au lecteur cette suite d’événements avec plus de force, émotion  jusqu’au tragique parfois. Dans son roman « Nulle autre voix » ; elle excelle avec talent dans un récit  écrit avec justesse, mais non sans une certaine colère, avec ses mots à elle dont on sait leur poids dense, parfois crus qui parviennent toutefois à apporter un véritable remède à une grosse douleur sur la condition de la femme. Dans ce roman, il s’agit d’une ex détenue qui a purgé sa peine de 15 ans pour le meurtre de son mari, restée recluse et humiliée dans une société repoussante qui a dressé devant elle tout un espace interdit. L’écrivaine va aller à la rencontre de cette femme, pour établir avec elle grâce à une certaine confiance, des échanges allant jusqu’aux confidences même, à travers des correspondances inédites et diverses. Et de jour en jour grâce à la parole libérée et retrouvée, les deux femmes que tout sépare vont se retrouver proches l’une de l’autre pour mieux se raconter… Une histoire qui se raconte rarement ou alors avec un certain recul. C’est là tout l’enjeu du  nouveau livre de Maissa Bey qui vient toujours à s’interroger sur des choses sur lesquelles on ne se pose jamais de questions.

JACKY NAIDJA

*  MAISSA BEY : MAISSA BEY

Ecrivaine algérienne francophone et bilingue (arabe), auteure d’une quinzaine de livres aux éditions de l’Aube, a reçu plusieurs prix dont le grand prix du roman francophone au Sila d’Alger en 2008. Ou encore le Prix Marguerite Audoux en 2006. Le roman de « Hizya » a lui même été sélectionné pour le Prix Fémina. Sans oublier le Prix  Cybelle en 2005. Outre son talent de romancière, elle est également Nouvelliste avec « nouvelles d’Algérie » – 1998, Poétesse avec « Sahara mon amour » – 2005, Essayiste avec « L’une et l’autre » – 2009 et aussi Dramaturge.

 

Le baiser et la morsure par Yasmina KhadraYASMINA KHADRA SIGNE SON GRAND RETOUR A AIX EN PROVENCE AVEC SON DERNIER OUVRAGE: « LE BAISER ET LA MORSURE » AVEC UN RENDEZ-VOUS EXCEPTIONNEL LE SAMEDI 23 MARS A 11H A LA LIBRAIRIE DE PROVENCE.

Yasmina Khadra, « Artisan de l’écriture »

Né pour écrire, Yasmina Khadra est très tôt fasciné par la langue française depuis sa prime enfance. C’est à l’école des Cadets militaires de Koléa (Alger) où il était pensionnaire depuis l’âge de 9 ans qu’il a pris la plume pour la première fois pour dévoiler ses premiers instincts de poète et raconter les secrets de sa vie, sa famille, l’enfance, la pauvreté, l’amitié de ses petits camarades de fortune, son adolescence pour enfin espérer voir se réaliser son vœu le plus cher : devenir écrivain.

Un métier qui n’était qu’une question de choix pour lui et auquel il croyait divinement. Avec comme seul bagage la langue française qu’il va emporter avec lui partout, plus tard en France et dans plusieurs pays du monde pour se reconstruire et concrétiser son rêve. Il se reconnait comme un « artisan de l’écriture », avec  la force de ses mots à lui, « des mots qui lui ressemblent, qui lui permettent de tisser les alliances et de réconcilier les êtres et les choses », hérités de cette lignée de poètes et de conteurs du désert, son importante tribu: les « Doui Menia » implantée au 13è siècle dans la Saoura en Algérie.

Le baiser et la morsure

Tout est dans le titre de son dernier opus « le baiser et la morsure ». Tout pour révéler que c’est un livre largement autobiographique, traversé par une série d’entretiens avec Catherine Lalanne* dans lequel il s’est approprié sa propre histoire racontée avec sensibilité et souvent avec cruauté. Il se dévoile face aux questions de son interlocutrice qui a su rendre palpable le poids de ses secrets avec sincérité sur l’essentiel de sa vie, égrenant les souvenirs de son enfance, puis sur sa part d’adulte avec une certaine perception des choses comme dans une bouffée d’oxygène pour se libérer de quelque chose qui le tenaillait depuis longtemps et qui lui a laissé quelques empreintes. Mais par la grâce de sa plume si attendrissante, c’est toute une épopée de son histoire à lui qui ressort avec une nostalgie douce, originale et vraie, sur le vécu de son parcours souvent difficile et sinueux, jusqu’à la faire rebondir à chaque question. Et de fil en aiguille et avec authenticité, il raconte son passé singulier avec son côté narcissique qui masque un peu sa misère, toujours tourmenté, traversé souvent par ses émotions à la recherche désespérément d’un appui, d’une aide. Car l’auteur, a longtemps été contrarié par les vicissitudes de la vie et celle militaire notamment qui lui arraché l’amour et la tendresse des siens. Et c’est grâce à son rêve d’écriture et l’amour d’une femme exceptionnelle son épouse Amal, qu’il  aime  presque à perdre raison, qu’il met avec le cœur serré, des mots sur ses maux, dans un récit élégant, bouleversant et pudique à la fois où il y a encore de la place pour la famille, l’exil et la liberté. Et des éloges aussi.

Ses éloges aux femmes

Il en a d’abord pour sa femme Amal dont il a aussi épousé les deux autres prénoms Yasmina et Khadra pour écrire ses livres jusqu’à ce que l’on découvre qui se cachait derrière ce pseudonyme. Puis celles qui vont tout droit également à tous les personnages féminins qui ont porté les prénoms dans tous ses livres. Yasmina Khadra le reconnait lui même, « il est fait d’émotion et d’empathie ». Toujours prêt à tout pour défendre la liberté. La liberté d’être soi-même envers et contre tout. Comme celle qu’il ressent encore aujourd’hui quand il pense à la ville d’Aix en Provence, « sa mère adoptive » où il a passé 9 de ses meilleures années avec sa femme et ses 3 enfants. Là où justement à la même librairie de Provence d’Aix, il a signé pour la 1ère fois un de ses remarquables premier livre.  Et quoi qu’il lui en coûtera dit-il: « sa vraie famille n’est pas ici, elle est là bas. Dans le Sud ».

Les  lecteurs de ce livre, en découvrant ainsi Yasmina Khadra -Mohamed Moulessehoul, sauront sans aucun doute tirer un réel profit de tout ce savoir de l’homme d’esprit qu’il est, sa forte personnalité révélée au grand jour et ses secrets les plus intimes, avec cette passion avancée pour l’écriture et le roman dont toute l’œuvre est traduite dans 52 pays en 46 langues.

Rendez-vous avec Yasmina Khadra

*Yasmina khadra viendra à la rencontre du public aixois le samedi 23 juin à 11h à la librairie de Provence, 31 Cours Mirabeau, Aix en Provence pour une dédicace de son dernier livre « le baiser et la morsure. »

Il sera également le même jour samedi 23 juin à 17h à la libraire Lumières d’Août, 10 Place de la Joliette à Marseille (Tel 04-91-44-96-16) pour une rencontre dédicace de son dernier livre « le baiser et la morsure ».

JACKY NAIDJA

*Le baiser et la morsure »: Publié aux éditions Bayard (mars 2018). Les ouvrages de Yasmina Khadra-Mohamed Moulessehoul sont traduits dans plus de 45 pays. Consacré à deux reprises par l’Académie Française,  il a été salué par des prix Nobel (Gabriel Garcia Marquez, jm Coetze,Orhan Pamuk). Certains de ses livres ont été portés à l’écran et au théâtre comme Morituri, Ce que le jour doit à la nuit, l’attentat, Prix des libraires 2006 ou les hirondelles de Kaboul.

*Catherine Lalanne: Rédactrice en chef de l’hebdomadaire Pélerin a publié également un livre d’entretiens avec Eric- Emmanuel Schmitt: « Plus tard je serai un enfant ».

MARSEILLAIS*:
LIGNES DE VIE D’UN PEUPLE

Marseillais : LIGNES DE VIE D'UN PEUPLEUn livre écrit à quatre mains par Patrick Coulomb et François Thomazeau, Journalistes, qui ont décidé de raconter la mémoire de Marseille à travers 22 personnalités tirées de 22 cartes du Tarot marseillais pour en dresser leurs portraits suivis d’enquêtes avec leurs témoignages souvent poignants.

Et parler de Marseille et des Marseillais comme ils l’ont fait, avec cette tendresse là, une simplicité comme celle là, est en soi une gageure et une marque de reconnaissance infinie à Marseille d’abord et à la mémoire de son peuple marseillais ensuite. Un témoignage frappant de chacun de ces 22 personnalités qui a surtout tenu compte de leur diversité, de leurs valeurs et qui, au regard de la ville parlent de « leur ville » avec une sensibilité amoureuse toute particulière. Et de raconter l’effet très fort qu’a Marseille sur les individus qui ont marqué une époque marseillaise fabuleuse jusqu’à enchanter la vie contemporaine de cette ville. Sans les citer tous, en passant par Robert Vigouroux ancien maire de Marseille, Pape Diouf ancien président de l’OM, Rudy Ricciotti l’architecte qui a fait de Marseille sa ville, Sophie le Saint de la télévision, ou Dominique Bluzet, homme de théâtre, tous ont jeté un regard lucide et plus ou moins attachant et souvent complice à leur ville malgré toutes les tentations communautaristes. Même si l’envie de partir ailleurs pour un certain nombre d’entre eux existe, il y a toujours cette autre envie d’y revenir aussi comme le fait Sophie le Saint à chaque fois qu’elle a l’occasion de quitter le petit écran de France Télévision pour retrouver sa ville natale de Marseille. Patrick Coulomb et François Thomazeau qui ont présenté leur livre dès sa sortie à leurs confrères au Club de la Presse de Marseille, ont eu les mots justes pour mettre largement l’accent sur ce lien très fort de Marseille avec ces gens d’où qu’ils viennent, « d’ici ou d’ailleurs », avec cette mentalité marseillaise particulière, plus vraiment comme là bas, mais pas encore tout à fait d’ici. Insistant sur leur attrait pour cette ville avec un fort optimisme comme pour se déterminer d’abord comme marseillais de cette ville de Marseille et à laquelle ils sont singulièrement attachés. Une ville longtemps ouverte vers le large où tant de voyageurs se sont arrêtés et ne sont plus repartis. D’où le titre « Marseillais » de ces 160 pages reproduisant une mosaïque de personnages qui raconte la mémoire de ce « peuple de Marseille », laissant la porte largement ouverte à leurs portraits, leurs itinéraires, à leurs noms plus ou moins célèbres qui ont marqué une époque marseillaise historique telle qu’elle s’est construite, telle qu’elle va en avançant au gré du temps avec pourtant de multiples similitudes. Pour enfin voir renforcer aussi leur identité grâce à ce seul sentiment particulier d’appartenance comme par exemple appartenir à la légende du club de l’OM. Même si le vivre ensemble et le côte à côte existe bel et bien surtout au vélodrome tout en s’ignorant les uns les autres. Cela n’enlève rien à ce cliché fait de Marseille où football, Vélodrome, rime aussi avec pétanque, pastis, belote et autres galéjades bien connues. Tour s’est imposé passionnément. Mais on reste pourtant frappé par cette « passion positive » de Marseille qui prouve que le mélange des cultures tel qu’il est façonné à Marseille depuis fort longtemps s’est bien ancré dans la société pour enfin se développer peu à peu jusqu’à justifier l’existence de cette appartenance C’est la conclusion à laquelle sont arrivés les deux auteurs de ce livre en ouvrant ces pages à la lecture du public comme une entrée en matière et de rappeler que « pour le reste, le plus simple c’est de venir à Marseille à leur rencontre. »

JACKY NAIDJA

*Marseillais : LIGNES DE VIE D’UN PEUPLE de Patrick Coulomb et François Thomazeau publié aux éditions HD ateliers Henry Dougier (Mars 2018).

*Patrick Coulomb et François Thomazeau sont invités à une rencontre dédicace suivie de la signature de leur livre à la librairie de Provence d’Aix, le Samedi 26 mai 2018 à 11h. Entrée libre.

 

LA 71è EDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINEMA DE CANNES ENTRE AVEC ECLAT DANS UNE NOUVELLE DECENNIE DU 7è ART.

Festival de Cannes 2018La ville de Cannes, élevée au rang de capitale mondiale du cinéma, s’est bien préparée à cet événement majeur de l’année, bien pimpante dans ses habits de lumière, y ajoutant son glamour pour apporter toute sa magie à ce palais des festivals où vont se mêler toutes les histoires anciennes et nouvelles du cinéma mondial. Cannes est prête à vibrer 12 jours durant du 8 au 19 mai avec une programmation de haut niveau pour son festival 2018 au milieu de tant d’acteurs et vedettes du monde du 7è art…

Tapis rouge, festival de cannes 2018Une édition ouverte pour la 71è année, annonciatrice d’une nouvelle décennie du cinéma international.

Un festival dévoilé au grand jour dans une gigantesque folie porté par un grand public qui a vu dérouler sous ses yeux le tapis rouge à toutes ses stars et vedettes du monde entier attendus pour la majestueuse et rituelle montée des marches, toujours aussi cérémoniale, débarrassée cette année « des selfies » sur le tapis rouge. Autre organisation nouvelle à propos des projections de presse expliquée par Thierry Frémaux délégué général du festival. Pour cette 71è édition du festival, le film présenté à la séance de 19 h sera montré simultanément dans deux salles différentes, l’une au public de la séance de gala et l’autre à la presse. Quant à celui de 22 h, les médias accrédités devront attendre le lendemain pour le découvrir. Mais seuls quelques journalistes triés sur le volet pourront assister aux projections de gala. Et ce, en réponse aux critiques nombreuses, diverses et variées par ce qu’on appelle « les trades », ces publications spécialisées et influentes qui décevaient souvent les acteurs, réalisateurs et distributeurs apprenant que leurs films ont été par avance mal accueillis lors de la projection de presse du matin qui précède la séance officielle du matin.

La montée des marches tant attendue

La montée où se croisent les plus grandes vedettes du cinéma devait précéder le coup d’envoi donnée par Martin Scorsese et Cate Blanchett, présidente d’un jury à majorité féminine qui a porté jusqu’à Cannes son engagement féministe et la lutte contre le harcèlement après le scandale Weinsten. Un rituel bien affiné par les organisateurs où régnaient en maitres Thierry Frémaux et Pierre Lescure en présence de David Lisnard Maire de Cannes. C’est l’arrivée de Javier Barden avec à son bras Pénélope Cruz, couple vedette dans la vie comme au cinéma dans leur dernier film « Every Body Knows » de l’iranien Asghar Farhadi grand habitué du festival, qui a été la plus remarquée pendant le grand défilé de toutes ces stars en vedette sur la Croisette avec entre autres Isabelle Adjani toujours aussi populaire et Leila Bekhti toute à son aise et fort acclamée à son tour. En lice pour la palme d’or parmi 21 longs-métrages sélectionnés, le film d’Asghar Farhadi a été projeté après la cérémonie d’ouverture présentée par Edouard Baer en grand maitre de cérémonies. Autres films également en course celui de Spike Lee l’américain, du russe Kirill Serebrennikov et de l’iranien Jafar Panahi cinéastes et grands absents du festival, sous surveillance dans leur pays. Sans oublier le dernier de la légende de Jean Luc Godard avec celui de l’une des trois femmes en compétition, la Libanaise Nadine Labaki et l’égyptien Shawky pour son dernier film avec ses deux acteurs français Yvon Gonzalez et Eva Husson. La présence remarquée de Françoise Nyssen, ministre de la culture apportant son soutien au cinéma russe en montant les marches du Palais avec les producteurs du film « leto » -l’été- a laissé planer toute son inquiétude sur la situation de certains cinéastes qui n’ont pu venir au festival faute d’autorisation de sortie. La palme d’or sera décernée le 19 mai par le jury au cours de la cérémonie de clôture du festival. Robert Guédiguian au festival de cannesEt parmi le jury du festival à moitié féminin, il y a Robert Guédiguian, réalisateur marseillais de l’Estaque bien connu de « Marius et Jeannette », « la Villa », à l’énorme succès avec de nombreux autres films encore, qui vient marquer fort sa présence lors de la conférence de presse du jury par une citation engagée et rappeler en public Mao Tsé-Toung le grand Timonier avec sa citation: « l’art doit être un pas devant le peuple, mais un pas seulement ». En réponse à une question d’un journaliste: « qu’est ce qu’une bonne palme d’or »? De quoi attirer ainsi toute l’attention des chinois sur son travail de cinéaste à travers des millions de lecteurs de la presse chinoise avant de conclure par ce propos que « l’idéal serait un équilibre entre l’émotion et l’intelligence, le cœur et la raison ». Quand de son côté, cate Blanchett en présidente engagée affirme: « que le jury n’est pas là pour délivrer un prix Nobel de la paix mais de privilégier des œuvres qui parlent à l’intelligence autant qu’aux sentiments et aux émotions ».

Autre nouveauté

Cette année au festival, le partenariat du « cinéma positif » avec le festival de Cannes 2018, celui de se considérer comme une œuvre d’art, alerte et travaillant dans l’intérêt des générations futures. La présentation de la 3è édition de la semaine du cinéma positif à Cannes est de se considérer comme une œuvre d’art, d’alerte et travailler dans l’intérêt des générations futures.4 tables rondes prévues dans un programme bien chargé de rencontres, d’échanges et de projections gratuites de films sous l’égide du CNC et de la fondation P+sitive Planet présidée par Jacques Attali qui tend à mettre en avant les Femmes et le cinéma à travers leur parcours dans les métiers du 7è art: réalisatrices, productrices, techniciennes, ou comédiennes… Une cérémonie de remise de prix du 3è cinéma positif seront décernées lors du prestigieux diner de gala le 14 mai au Palm Beach de Cannes.

Et « ECOUTEZ LE CINEMA »

Grâce à la Webradio du cinéma festival de Cannes du 8 au 19 mai 2018. Pour la 1ère fois, France inter associée au CNC – Centre National du Cinéma – et de l’image animée, crée une webradio toute entière dédiée au cinéma le temps du festival de Cannes avec tout un programme d’actualités, de débats sur le cinéma d’aujourd’hui, des portraits de celles et ceux qui font le festival et notamment la place des femmes dans l’industrie du cinéma et la représentation au féminin avec un grand hommage à Jeanne Moreau.

JACKY NAIDJA

 

 

 

 

Festival de Cannes 2018Le festival de Cannes avec ses soixante et onze ans d’existence (depuis sa création en 1946) sur la Croisette de Cannes, est devenu le lieu cinématographique le plus convoité du monde. Et autant d’années de bonheur pour les cinéastes, les réalisateurs, les producteurs et les amateurs du 7ème art qui se retrouvent chaque année au cours de cet événement mondial du cinéma.

Des moments exceptionnels encore à vivre avec cette 71ème édition à travers une programmation riche et diversifiée de films inédits venus du monde entier. Le festival du cinéma mettant toujours à profit son expérience d’organisateur hors pair pour venir enchanter le grand public et les cinéphiles les plus avertis, toujours émerveillés par tant de créativité cinématographique sans cesse renouvelée. Désormais élevée au rang de capitale mondiale du 7ème art, Cannes et son festival avec toutes ces rencontres cinéma vont offrir en plus des échanges privilégiés de la coproduction cinématographique.

Durant 12 jours, du 8 au 18 mai, le festival de Cannes avec le meilleur de sa programmation autour du cinéma international sera encore une fois accompagné par de nombreuses personnalités du monde culturel, économique et politique. Des invités de marque et des professionnels du cinéma seront aussi présents pour marquer de leur empreinte ces rencontres autour de grandes pages du cinéma du passé comme du présent avec tout l’actorat français. C’est Edouard Bear de retour en maître de cérémonies, à qui reviendra la présentation de l’ouverture de cette 71ème édition du festival après deux prestigieuses prestations en 2008 et 2009 toujours sous les auspices de la croisée des arts et des histoires de films. Il sera également présent lors de la soirée de clôture du festival. Cette cérémonie d’ouverture du 8 mai sera suivie de la projection du film Every Body Knows (Todos la Saben) d’Ashgar Farhadi qui ouvrira la compétition officielle. Avec cette ambition toujours intacte à laquelle le festival tient particulièrement, celle de toujours faire rencontrer tous ces auteurs, metteurs en scène, réalisateurs et acteurs pour partager et se nourrir de leurs expériences réciproques

Cate Blanchett En choisissant l’actrice australienne Cate Blanchett couronnée déjà par 2 oscars pour succéder à Pédro Almodovar et présider le jury de cette 71ème édition, le festival met un point d’honneur à honorer une femme actrice, la 12èmeè, pour son engagement dans la lutte contre le harcèlement sexuel en prenant la tête d’un mouvement aux côtés d’autres artistes comme Meryl Streep et Nathalie  Protman.

Benicio de Toro autre invité et acteur prestigieux, habitué de la Croisette, présidera le jury « Un Certain Regard » aux côtés de Tim Burton. Quant à Ursula Meier l’actrice suisse, elle sera aux commandes du jury de la « Caméra d’Or » pour désigner la meilleure 1ère œuvre présentée en sélection officielle à la semaine de la critique et la quinzaine des réalisateurs.

On sait d’ores et déjà que le festival du film de Cannes projettera en avant-première et hors compétition, le 3è nouveau film de la galaxie Star Wars: « solo A star Wars story » de Ron Howard sur l’écran du Grand théâtre Lumière.

En attendant de dévoiler sa sélection officielle de films et tout son programme, le festival organise sa grande et traditionnelle conférence de presse au cinéma l’UGC Normandie à Paris le jeudi 12 avril à 11h. Elle sera présidée par Pierre Lescure son Président et Thierry Frémaux délégué général en présence de nombreux invités.

JACKY NAIDJA

En mettant bout à bout ses mémoires tirées de toute son enfance, l’auteur en s’interrogeant sur son passé, passe en revue celui de son père, de sa famille où l’exil prend toute sa place et où s’imposent de multiples questions identitaires. Un livre qui parle du déracinement mais qui célèbre la vie. Une suite sans aucun doute de cette histoire fabuleuse du « Gone du Chaâba » (1986), roman adapté avec succès au cinéma en 1998 par Christophe Ruggia qui lui a valu le Grand Prix du Festival de Cannes Jeunesse.

Une longue histoire lumineuse bien racontée dont Azouz Begag ne s’est jamais échappé. Laissant même parfois libre cours à une ironie mordante et incisive qu’il mêle à ses souvenirs de gosse qu’il était, allant même chercher au fond de sa mémoire d’écolier de quoi faire de ce récit rocambolesque, une histoire familiale généreuse, tendre et nostalgique à la fois. Et avec une remarquable honnêteté, il dresse le portrait sobre et sensible de son père Bouzid aux côtés de sa mère Messaouda toujours là, affectueuse. Sans jamais aussi déshumaniser les autres acteurs de son récit sortis on ne sait d’où, comme Amor Plastic le cafetier, Miloud Météo, Lunettes Noires ou Front Tatoué. Là dans ce café où justement le thé à la menthe coule à flots et les jeux de dominos viennent à faciliter l’amitié entre tous. En retraçant le quotidien singulier de sa vie de famille avec toutes ses péripéties comme il y en a beaucoup dans les familles émigrées, Azouz Begag, avec son écriture brillante se raconte autour du personnage central de son père atteint d’Alzheimer, qu’il accompagne au milieu d’illustres amis à lui. Eux aussi, cabossés par la vie, que le destin a toujours rapproché dans la salle de ce « café du soleil » lieu mythique de ce quartier de Lyon, seul lieu de rendez-vous des anciens. L’auteur dans tout ce tumulte qui l’entoure, avec ses incertitudes et ses espoirs, arpente les traces de son passé peuplé de rencontres variées et diverses comme pour suspendre un moment le temps qu’il veut bien consacrer à ce père accoutumé aux fugues perpétuelles, qu’il faut toujours aller chercher quelque part sous la protection vigilante de sa mère. Toujours là, présente pour éprouver seule, le sacré de toute une existence. Malgré tous les efforts, rien n’arrêtera la longue descente du père Bouzid vers la mort que l’auteur, avec une certaine profondeur d’esprit laisse imaginer sans souffrances. Lequel père est parti, sans jamais exaucer son rêve : celui de retourner dans son pays natal.

Ecrivain et fin connaisseur de la culture française et des problèmes liés à l’émigration, l’intégration ou encore la violence et la pauvreté, Azouz Begag, auteur de nombreux ouvrages, tente dans ce dernier roman tout de finesse et d’élégance, de faire dialoguer le passé et le présent de l’histoire de l’émigration à travers le parcours de son père en France. Un peu comme une quête de vérité dont il ne cessera jamais d’en parler. Et en hommage à son père, pour terminer, il livre dans ces pages, une part de sa vérité intime, savoureuse et attachante jusqu’à ce voyage en Algérie, au village de Bendiab près de Sétif, pour ce retour aux sources sur le parcours de vie de son père dont il ne trouvera nulle trace, tout en évoquant avec authenticité sa « famille d’extraterrestres » qu’il nomme ainsi.

Azouz Begag, invité à une rencontre-dédicace le 6 avril prochain avec le public d’Aix en Provence à la librairie de Provence à l’occasion de la parution de son ouvrage aux éditions du Seuil (Mars 2018) a livré en exclusivité à Reporters.dz ses impressions et surtout parlé de son expérience acquise dans les rouages de l’Etat en tant qu’ancien ministre de la Promotion de l’égalité des chances. Et d’évoquer plusieurs sujets comme sa carrière d’écrivain ou plus encore l’Algérie qu’il a au coeur.

JACKY NAIDJA

*Les Mémoires au soleil : Publié aux éditions du Seuil (Mars 2018)

 

Azouz BEGAG : Fils d’émigrés algériens. Né en 1957 à Villeurbanne. Écrivain, Essayiste et Romancier, chercheur en sociologie urbaine au CNRS, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages (romans et essais) et de plusieurs prix dont le Gone du Chaâba (1986), un mouton dans la baignoire (2007), la voix de son maître (2017) et la faute des autres (2017). Il a été aussi Ministre de la Promotion de l’égalité des chances de 2005 à 2007 dans le Gouvernement de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac. Il a été fait Chevalier de la Légion d’honneur en 2005.

AZOUZ BEGAG A REPORTERS: » LES HISTOIRES DE L’ALGERIE ET DE LA FRANCE SONT IRREMEDIABLEMENT LIEES ET LEUR AVENIR AUSSI ».

1/Reporters. dz :A propos de votre livre « les mémoires au soleil »,  qui vient de sortir, comment se porte sa promotion et comment est-il perçu par le public?

Azouz Begag : la promotion que j’ai entamée en direction du public des librairies se porte très bien. Je suis très encouragé car il y a eu un 2è tirage du livre depuis une semaine. C’est le signe que les libraires ont pris en main le destin de cet ouvrage. J’en suis très heureux car je rencontre beaucoup de public qui me le rend bien. Je croise les doigts pour le moment!

2/Reporters.dz : Ce roman ne serait-il pas une suite naturelle des mémoires du « Gone de la Chaâba » où je me trompe? En tous cas c’est comme ça qu’il est perçu…!

Azouz Begag : C’est très juste. En somme c’est la fin du Gone de la Chaâba et comme vous dites c’est une suite naturelle des mémoires…

3/Reporters.dz : Pensez-vous qu’il a une chance d’être adapté au cinéma comme le précédent livre qui d’ailleurs a reçu le prix….

Azouz Begag : Oui tout à fait. Parce que je suis moi même scénariste pour le cinéma et la télévision. Et j’écris les romans comme un parfait scénariste.

4/Reporters.dz : A ce propos justement, vous avez commencé votre carrière d’écrivain avec le roman et vous l’avez prolongé avec l’essai et les textes à thèses. Pourquoi?

Azouz Begag : Aujourd’hui il faut être littéraire mais en même temps sociologue, historien pour pouvoir élaborer une œuvre complète. Je crois que « les mémoires au soleil », est une œuvre complète parce qu’elle associe plusieurs disciplines: la sociologie, l’histoire, la géographie. Et c’est aujourd’hui à l’âge de mes 60 ans que je réalise l’accomplissement de mon travail d’écrivain après de nombreuses années d’écriture qui ont vu naitre de nombreux autres ouvrages. C’est vous dire aussi le temps passé, précieux et important dans ma vie.

5/Reporters.dz : Dans le travail du texte à thèses, vous semblez avoir rapidement basculé du texte universitaire et académique à celui du grand public. Est- ce alors un besoin de vous faire davantage entendre et mieux comprendre?

Azouz Begag : Les travaux des scientifiques ne constituent qu’une minorité du public. Et moi, depuis toujours, j’ai eu cette ambition de changer quelque chose dans la société. C’est avant tout de faire en sorte que le grand public soit mon objectif en priorité… J’écris de telle manière que le grand public puisse me lire aisément. C’est un peu ma problématique de l’égalité des chances car je veux que tous mes travaux soient accessibles au plus grand nombre pour pouvoir accéder à la lecture de mes ouvrages et mieux me faire entendre et comprendre. Oui, il est vrai qu’il y a un réel besoin de se faire comprendre tout au moins par les plus modestes, les enfants, puisque j’ai beaucoup écrit pour eux. Mais aussi les pauvres qui doivent comprendre combien c’est important la lecture, l’écriture, en somme l’éducation. C’est pour cela que je fais en sorte que les gens défavorisés dans la société puissent accéder facilement à mes travaux.

6/Reporters.dz : Vous faites souvent l’éloge de la double culture, une posture difficile à soutenir pourtant. Pourquoi y tenez-vous à ce point?

Azouz Begag : Non. Pas particulièrement. Parce qu’une très grande partie de la population française est issue d’une culture mixte ou en tous cas d’une culture hybride : en exemple les espagnols, les portugais, les italiens, les polonais, les maghrébins, qui font un peuple qui vient de partout et ça fait la richesse de la France d’aujourd’hui. Tout en s’emparant de la langue française pour écrire des livres, faire des films et en tout voilà 250 millions de francophones dans le monde.

7/Reporters.dz : Vous avez été ministre de la République, quelle expérience gardez-vous de votre mandat. Ce titre vous sert-il encore?

Azouz Begag: C’est une expérience très enrichissante. Mais pas de tout repos surtout durant la période de ma nomination avec les émeutes des banlieues qui ont suivi. De mon point de vue, aujourd’hui un écrivain reconnu dans la société française a plus de pouvoir qu’un ministre, pour la simple raison qu’un écrivain est un homme libre. Alors qu’un ministre est un homme bridé. Je dirais que le titre de ministre ne me sert pas du tout. Et je n’ai pas quitté la politique pour me taire bien que j’en garde quand même un bon souvenir. Rappelant au passage « qu’il n’était pas entré au gouvernement par charité » mais  » pour donner à la France le goût de la diversité. »

8/Reporters.dz : La France et l’Algérie sont toujours à la recherche d’une relation à la hauteur de leurs ambitions malgré quelques contentieux. Comment voyez- vous cette relation avec le temps qui passe?

Azouz Begag : Je crois que mon roman va contribuer à rapprocher encore plus ces deux pays parce qu’il leur parle, en même temps il tend à rapprocher leur histoire. Personnellement lorsque je suis parti à la recherche de mes ancêtres morts en 1917 dans la Somme, ces petits éléments de mon autobiographie ont eu surtout pour valeur de faire comprendre que les histoires de la France et de l’Algérie sont irrémédiablement liées et par voie de conséquence leur avenir aussi. Les millions de français d’origine algérienne sont tous de près ou de loin des ambassadeurs de la construction de cette relation Franco-Algérienne qui s’est établie depuis fort longtemps, avant tout sur la base de la langue française. L’équilibre viendra avec le temps, car cela fait à peine 70 ans que la guerre d’Algérie est terminée. Les générations à venir ne pourront que vivre de manière plus apaisée. Il y a donc de mon point de vue toutes les raisons d’être optimiste aujourd’hui car il y a tout à gagner à vivre une relation apaisée et durable dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples.

9/Reporters.dz :  L’Algérie célèbre aujourd’hui l’anniversaire du 19 mars 1962. Une date historique du cessez- le feu et des accords d’Evian. Qu’est ce que cela signifie pour vous en tant que sociologue et politique à la fois ?

Azouz Begag : de la part du politique, j’ai un point de vue positif qui a compris dans les années 60 qu’un pays ne pourrait pas imposer sa domination sur un autre pays et que le processus d’autonomisation et d’indépendance des nations était irrémédiable. L’expression de la liberté par toutes les nations du monde est un processus plus fort que tout. Les dirigeants algériens et français de l’époque l’avaient bien compris à temps pour mettre fin à une guerre par le cessez- le feu et garantir la paix par des accords d’Evian.

10/Reporters.dz : Comment voyez-vous l’avenir de l’Algérie à la veille de nouvelles élections présidentielles en 2019 ?

Azouz Begag :  l’avenir de l’Algérie comme celui des pays du Maghreb est lié intrinsèquement à celui de l’Europe, de la Chine, de l’Afrique. C’est le cycle de la mondialisation, non plus seulement dans la relation bilatérale avec la France. Il y a par exemple un nombre impressionnant de chinois qui contribuent à bâtir l’avenir dans cette partie du monde. Cela est un signe très fort de coopération internationale. Désormais l’avenir se conçoit en terme planétaire, en terme multilatéral, en terme de globalisation. Il faut voir cette évolution de l’Algérie, un pays de 40 millions d’habitants comme une évolution positive à l’exemple de son voisin le Maroc qui évolue pareillement tout en sachant que la Tunisie et la Lybie ont de sérieux problèmes liés particulièrement à des difficultés économiques. Bien entendu, il faut toujours espérer un renouveau pour le pays.

11/Reporters.dz : Que dites vous sur cette jeunesse algérienne dont plus de 60% ont moins de 25 ans et qui est enclin à des difficultés notamment le chômage?

Azouz Begag : S’il n’y a pas de développement économique immédiat, susceptible de créer des emplois à cette jeunesse à court ou moyen terme, on va droit à une catastrophe dans toute la région. Ce n’est pas seulement l’Algérie qui est le plus concernée mais tout le Maghreb à qui il faut apporter une politique globale pour reconsidérer les besoins de cette jeunesse et lui redonner la fierté qu’elle mérite, sinon la mer Méditerranée va continuer à être le cimetière à ciel ouvert pour des dizaines de milliers de jeunes en plein désespoir.

12/Reporters.dz : Sur la femme algérienne, comment voyez- vous sa place dans la société actuelle quand on sait que l’Algérie a progressé avec plus de 30% de femmes élues dans la représentation nationale?

Azouz Begag : Il est bien évident que c’est par la femme que vont encore se produire de principales avancées sociales et humaines. C’est un bel exemple de l’Algérie. Mais les femmes maghrébines en général ne nous ont pas attendu pour aller vers leur autonomisation et leur liberté puisqu’il faut reconnaitre que dans les universités du Maghreb, ce sont les femmes qui sont majoritaires. Elles ont déjà leur destin en mains et je vois ça très bien comme cela. Je suis même très content de voir qu’il y a à peine un mois, en Arabie Saoudite, les femmes ont pu être autorisées à conduire leurs voitures même si cela n’a pas été facile à gagner. La femme aujourd’hui dans le monde arabo-musulman est le fer de lance de la libéralisation de nos pays trop longtemps ancrés dans l’archaïsme. De très grands efforts sont menés aussi au Maroc et en Tunisie et la tendance de cette évolution par rapport à celle de l’Algérie reste pratiquement la même dans toute cette région.

13/Reporters.dz : Quand vous entendez parler de discrimination, de harcèlement sexuel au travail et de sexisme, quels sont les éléments de votre compréhension sur ces sujets?

Azouz Begag : Ce sont des mouvements irréversibles qu’il faut comprendre par le respect des femmes avant tout. Leur autonomie est un fleuron de la liberté comme partout dans le monde et c’est en observant la façon dont on traite les femmes que l’on observe les progrès d’une société. En France, il existe des lois et celles à venir prochainement sur ces sujets principalement vont constituer un sévère barrage à ces dérives.

14/Reporters.dz : Vous êtes attendu à Aix en Provence le 6 avril prochain pour une rencontre- dédicace de votre livre à la librairie de Provence, avec le public aixois. Avez-vous un message particulier à transmettre?

Azouz Begag :  Je réponds avec plaisir à une invitation de la librairie de Provence par l’intermédiaire de Christophe Lépine son directeur. J’en suis ravi et c’est une bonne occasion de rencontrer tous les publics, les universitaires, les gens des quartiers, d’origine différente, de religion différente et je leur dis avec Azouz Begag, il n’y a pas de censure. Je vous raconterai toutes mes vérités.

Propos recueillis par Jacky NAIDJA et Nordine AZZOUZ.

J’ai lu cet ouvrage avec un intérêt particulier, venant de quelqu’un que j’admire pour son écriture et pour un tas d’autres choses particulièrement son engagement politique et social dans la République.. J’ai donc traversé la vie des Begag en long et en large grâce à cette histoire bien racontée où l’auteur au grand cœur a mis une passion dévorante pour nous laisser aller vers ses mémoires les plus enfouies en lui. Un livre souvenir sorti de ses entrailles qui rend hommage au parcours de son père Bouzid atteint de la maladie d’Alzheimer aux côtés de sa mère Messaouda sans oublier ce côté affectueux et tendre qu’il a aussi pour elle. Une histoire familiale, culte. Comme il y en a beaucoup dans les familles émigrées ne parvenant pas à la fin de leur vie à exaucer leur rêve: retourner dans leur pays. Azouz Begag avec son écriture brillante se raconte autour du personnage central de son père qu’il accompagne au milieu d’autres illustres amis à lui, cabossés par la vie que le destin a toujours rapproché dans la salle de ce « café du soleil » de Lyon, lieu mythique du quartier seul rendez-vous des anciens où le thé à la menthe coule à flot et le jeu de dominos facilite l’amitié entre des personnages sortis on ne sait d’où, comme Amor Plastic le patron du café, Miloud Météo, Lunettes noires ou Front tatoué… Dans son roman, l’auteur excelle à mêler son ironie mordante aux souvenirs de gosse qu’il va chercher même au fond de sa mémoire d’écolier pour faire de ce récit rocambolesque, une histoire tellement généreuse, nostalgique et triste à la fois. Toute une histoire dédiée en hommage à son père en fin de vie mais bourrée d’humour. C’est du « Begag » comme je dirais du « Fellag » qui vient avec ses mots à lui livrer ici une part de sa vérité intime, savoureuse et attachante jusqu’à aller en Algérie, à Bendiab, un village près de Sétif, pour ce retour aux sources sur le parcours de vie de son père dont il ne trouvera nullement trace. Et d’évoquer longuement et avec authenticité « sa famille d’extraterrestres » accompagnant son père jusqu’à son dernier souffle.

Un livre que je relirais volontiers et que je recommande!

JACKY NAIDJA

 

* Les mémoires au soleil » livre publié aux éditions du Seuil (Mars 2018)

AZOUZ BEGAG : Ecrivain et chercheur en sociologie urbaine au CNRS est auteur d’une cinquantaine de romans et d’essais dont le Gone du Chaâba (1986), un mouton dans la baignoire (2007), la voix de son maître (2017) et la faute aux autres (2017).

Il a été aussi Ministre de la Promotion de l’égalité des chances de 2005 à 2007 dans le Gouvernement de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac.

LA VALSE DES LOUPS DE MICHEL SIMON*

Entre son métier à la Brigade criminelle à Marseille où il pourchasse les tueurs à gages et son rôle éminent de papa d’une petite fille de 5 ans, il trouve le temps d’écrire son premier roman policier publié aux éditions « Le Robinson » en novembre 2017. Un roman qui envoute dès les premières lignes pour raconter à sa fille l’histoire qui va le mener dans le labyrinthe le plus secret de cette ville immortelle de Marseille. Là où se commettent les crimes les plus atroces. Menant de front une enquête à hauteur d’homme sur fond de règlement de compte comme il en existe le plus souvent à Marseille, Michel Simon (c’est son pseudonyme) va alors découvrir une autre facette du banditisme dans ce milieu et toute l’horreur autour, bousculant sans cesse les obstacles que lui impose son métier. Voilà que de mystère en mystère, utilisant sa parfaite maitrise de l’écriture et un art de la narration exceptionnel, il nous laisse glisser tout doucement dans les méandres d’une fiction à travers une enquête inextricable de tentative de meurtre d’un parrain marseillais, que lui seul sera appelé à dénouer pour démasquer les auteurs de cette agression. Et tenir ainsi la promesse faite à sa chef de service directe d’enquêter en même temps sur son défunt mari….

Michel Simon pour son premier roman signe avec ce récit profond qui frappe par le ton, une histoire bien construite, au suspens saisissant, imprévisible et trouble à la fois. Il fait ainsi une entrée discrète et sans excès dans le monde du roman policier.

L’auteur Michel Simon est né à Marseille à la fin des années soixante. Après plusieurs années passées dans l’armée, il intègre un service spécialisé de la Police Nationale, service dans lequel il découvre les facettes les moins reluisantes de notre société.

Jacky NAIDJA

« COOPÉRER POUR RÉUSSIR » OU LES ASSISES DE TOUS LES POSSIBLES.

C’est Le Grand Genève, territoire transfrontalier, avec à sa tête Luc Barthassat, conseiller d’Etat du Canton de Genève en charge du département de l’environnement, qui a organisé avec brio les Assises européennes de la Transition Energétique de 2018 au centre des congrès Palexpo grâce à plusieurs partenariats de qualité.

Un rendez-vous créé en 1998 par la communauté urbaine de Dunkerque, devenu annuel pour des acteurs territoriaux européens engagés dans la transition énergétique. Evénement aux projets novateurs face aux enjeux climatiques, énergétiques avec cette vision transversale en vue d’objectifs » devait souligner Luc Barthassat à l’ouverture de cette 1ère conférence de presse qui vient inaugurer les assises. Avec le grand soutien fort et incontournable de l’ADEME* (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), qui va permettre à nombre d’acteurs de terrain et ceux représentants de multiples institutions de mesurer toute l’action qu’il y a à mener face aux risques que nos comportements font peser sur la biosphère. « Coopérer pour réussir » est le thème choisi pour entamer 3 longues journées de débats, sessions plénières, ateliers et projections de films suivis d’importantes manifestations hors les murs venant après les assises de Bordeaux pour le 18ème rendez-vous en 2017. 4.500 congressistes présents et 250 intervenants sont venus de plusieurs pays pour se rencontrer à Genève les 30, 31 et 1er février dernier et explorer ensemble de nouvelles solutions et des idées à partager avec leur vision des actions futures, publiques mais aussi privées, au regard des défis qui attendent nos sociétés. Ensemble ils ont exprimé leur volonté commune d’action autour de trois axes majeurs: l’adaptation aux changements, l’atténuation des impacts à venir et enfin la mobilisation de toutes les énergies pour des coopérations nouvelles. Et cette année exceptionnellement, ces rencontres qui se sont exportées sur le territoire transfrontalier du Grand Genève auront bien confirmé leur grande ouverture internationale déjà commencée à Dunkerque, puis à Bordeaux, devenus depuis des villes symboles de la réussite de cet engagement audacieux pour la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables. Dans ce contexte, pas moins de 300 propositions de contributions ont été reçues de toute l’Europe et une centaine d’entre elles ont été retenues, intégrant parfaitement le programme des ateliers. C’est dire toute l’importance accordée aux différentes thématiques lancées cette année, pour être plus prés des problématiques rencontrées au quotidien par les territoires et leurs habitants. Un engagement de tous les possibles dépendant particulièrement de l’investissement financier mais surtout humain avec au centre la place idéale de l’homme. Tout un foisonnement d’initiatives est mis en débat public et ouvert aux thèmes importants que sont le climat, l’énergie, les faits de société, l’économie circulaire, les transports. Thèmes tout à fait propices à tous les échanges pour réussir à mobiliser ce projet de société qu’est la transition énergétique avec son mode de développement. Une dynamique ambitieuse de développement des énergies renouvelables porteuse de projets innovants et pleinement intégrée dans des stratégies territoriales, s’ouvrant sur le grand public pour offrir de formidables opportunités de croissance économique.

Ces assises se sont ouvertes par une conférence de presse matinale le 30 janvier, très animée par Luc Barthassat, Conseiller d’Etat du canton de Genève, organisateur de ces assises, Bruno Léchevin, Président de l’ADEME, Anne Walryck, Vice-Présidente de Bordeaux Métropole et Damien Careme Vice Président de l’Agglomération de Dunkerque. Un vent d’optimisme a soufflé sur cette conférence en donnant le ton voulu à ces assises avant l’ouverture des débats fructueux avec les journalistes fort nombreux à ce 1er événement de presse. Lesquels animateurs, d’une même voix ou presque ont insisté particulièrement sur les retours d’expériences et les échanges ainsi que sur le rôle des collectivités et de « leur pouvoir de faire » sur des territoires innovants.  Un message cohérent en est sorti, celui qui doit être inscrit dans une logique de solutions de bonnes pratiques et tests sur les territoires innovants. D’où la coopération annoncée tous azimuts pour réussir ensemble une révolution énergétique autant que démocratique. Celle-ci doit passer nécessairement par les citoyens et les communes à l’exemple de la transition énergétique allemande qui s’approprie toutes les initiatives citoyennes. Mais au delà du message volontariste, incitatif et encourageant porté par les initiateurs comme Alain Juppé le Maire de Bordeaux avec l’expérience de sa ville citée en exemple. Ou encore celui de Patrice Vergriette, le Maire de Dunkerque dont on connait son engagement pour la transition énergétique à ce titre et dont il a fait son cheval de bataille depuis sa ville, devenue un modèle en soi de la transition énergétique depuis 1998, c’est l’ADEME représentée par Bruno Léchevin son président, coorganisateur des assises qu’est revenu le dernier mot pour présenter chiffres à l’appui, les visions énergie-climat élaborées par son institution et de souligner tout le formidable travail effectué durant 10 années. Autre temps fort du début de ces assises, un accord transfrontalier très important est conclu à l’initiative de Luc Barthassat, pour l’amélioration de la qualité de l’air dans le Grand Genève avec des partenaires suisses et français dont l’ADEME et Atmo Auvergne-Alpes ainsi que la Confédération Suisse et l’Etat Français. Un acte en soi inédit en Europe et une 1èreeuropéenne pour ne pas dire mondiale. Un bel exemple de coopération autour de plans d’actions concrètes avec des objectifs chiffrés dans le projet de territoire 2016-2030, révélé par un protocole appelé « PACT’AIR » (Plan d’actions transfrontalier pour l’amélioration de la qualité de l’air de l’Agglomération du Grand Genève). Il doit en effet engager les autorités des deux pays avec l’ensemble des acteurs du Grand Genève grâce à la proximité de leurs techniciens fort impliqués dans ce processus pour sa mise en œuvre sur une zone de 2.000 km2 environ, autour de 14 actions concrètes et novatrices visant à diviser par deux les oxydes d’azote et de diminuer les particules fines de 18% sur la période allant jusqu’à 2030.

Trois jours d’assises durant lesquelles les participants dont 25 pays étaient représentés, se sont approprié les grands enjeux actuels : transport, urbanisme, agriculture, économie, habitat, énergies renouvelables, nouvelles technologies, gestion des systèmes d’information, nouvelles solidarités et gouvernance autour de 13 plénières, 110 ateliers pour partager les expériences, coopérer et imaginer le futur énergétique des territoires. Avec l’accompagnement de 6 visites organisées pour la découverte de la transition énergétique en action sur le territoire de Genève dont une visite plus que démonstratrice pour faire découvrir « Genilac ». Un modèle de la transition énergétique en action sur le territoire du Grand Genève. Quand l’eau du lac Leman vient à chauffer et à rafraichir les bâtiments de tout un grand quartier de Versoix, des organisations internationales et des entreprises du quartier des Nations jusqu’ au centre de Genève. Grâce justement à de la technologie durable, innovante et pratique par l’exploitation de l’eau du Lac qui à travers une installation, l’eau est pompée à 45 mètres de profondeur où la température est stable tout au long de l’année. Cette eau circule depuis la station de pompage vers des bâtiments raccordés par un réseau innovant de canalisations. Après son utilisation, l’eau est restituée à son milieu naturel- le lac où le Rhône- dans les eaux de surface pour ne pas perturber le milieu aquatique et donc 100% renouvelable. Voilà 10 ans que dure cette exploitation de l’eau du Lac par les services industriels de Genève qui fait aussi l’orgueil des Genevois. De quoi démontrer qu’il est possible d’innover en déployant des technologies nouvelles valorisant des sources d’énergie renouvelables et locales.

Tout au long de l’événement, les meilleurs rendez-vous pour se retrouver et échanger de manière plus informelle dans un espace convivial, c’est au village de la transition énergétique autour de 9 maisons thématiques, plusieurs stands d’information et un espace bar- restauration.

Sans oublier un autre événement tout aussi particulier et intéressant à plus d’un titre, le programme « OFF » des assises et son ouverture au grand public qui a débuté le 18 janvier avec 94 manifestations pédagogiques et ludiques, accessible à la fois aux enfants et adultes avec des animations nocturnes où l’on a vu s « imaginer la « pollution lumineuse », disco à énergie humaine ou encore sensibilisations sur les oiseaux hivernants, les énergies citoyennes, les toitures végétalisées ou la  géothermie. Tout un programme populaire à lui tout seul qui valorise la sensibilisation aux enjeux de la transition énergétique.

Que retenir de ces rencontres fortement appuyées par un message vidéo encourageant et incitatif à tous les congressistes, retransmis par Nicolas Hulot Ministre de la transition écologique et solidaire dès l’ouverture des assises. Sinon que la transition énergétique est l’une des pistes d’action la plus valorisante face aux enjeux climatiques. Elle représente bien sur le terrain le résultat d’initiatives citoyennes et de coopérations entre acteurs économiques, scientifiques, élus, techniciens, chercheurs, étudiants. Et non comme on peut le prétendre l’apanage de quelques spécialistes seulement. Autres moments clés de cet événement, la signature d’un mémorandum entre le Maroc représenté par Aziz Rabah, Ministre en charge de l’énergie et la Suisse avec la conseillère fédérale Doris Leuthard. Un accord visant à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie. D’autre part, il y a eu le lancement d’un « hub » innovation Bridge- Mobily réunissant 12 acteurs régionaux en faveur de la mobilité durable. Le partenariat entre GRDF et Green Cross France et Territoires pour la recherche du gaz renouvelable comme accélérateur de transition énergétique. Enfin la signature d’une convention-cadre entre l’ADEME et la Fédération des Agences Locales de Maitrise de l’Energie et du Climat venue renforcer l’accompagnement des territoires dans la mise en œuvre de la transition énergétique. Autre lieu plus que symbolique et accessible, le carrefour des métiers de la transition énergétique installé avec ses stands d’information et d’orientation destiné aux découvertes des formations où 10 ateliers et 156 intervenants ont favorisé la réflexion collective sur l’avenir de ces métiers avec les entreprises concernées en présence d’un public fort nombreux, notamment de jeunes étudiants.

A noter également, la célébration des 10 ans du label « Citergie », un dispositif piloté par l’ADEME à l’endroit des communes et intercommunalités qui s’engagent dans l’amélioration de leur politique énergie durable. 13 initiatives ont été labélisées au cours de ces assises. La Communauté Urbaine de Dunkerque, est la seule intercommunalité française à obtenir le label « Cit’énergie Gold », la plus haute distinction européenne. Et rappeler aussi le soutien apporté à la Communauté Urbaine de Dunkerque pour l’organisation de la 20ème Edition des prochaines assises de la Transition énergétique. Rendez-vous est donc pris pour Janvier 2019 à Dunkerque et à Bordeaux en 2020.

*L’ADEME: L’Agence de l’environnement et de la Maîtrise de l’énergie est un établissement public sous tutelle conjointe du ministère de la Transition énergétique et solidaire et de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

* Lien du message vidéo de Nicolas Hulot

https://we.tl/wD3OSkjdw7

 

De Genève, Jacky NAIDJA