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RENCONTRE AVEC MICHEL SIMON A PROPOS DE SON ROMAN « LA VALSE DES LOUPS » (ÉDITIONS LE ROBINSON)

la valse des loups

Après “la valse des loups”, son 1er roman sorti en 2017 et publié aux éditions Le Robinson, Michel Simon (pseudo), policier, a mis les bouchées doubles pour trouver le temps d’entamer un 2ᵉ livre en cours d’écriture dont il garde secrètement le titre à sortir début de l’année prochaine. 

Avec sa soif d’écriture et son art de narrer des histoires policières dont les sujets n’en manquent pas dans sa profession, très proches le plus souvent des histoires qui l’obsèdent en permanence et en prise avec l’humanité révoltée, violente, criminelle. l’auteur mise sur tout ce qui touche à presque tous les genres sans se conformer pour cela à aucun, comme en témoigne les réponses à l’interview qu’il a bien voulu nous accorder à ce propos lors de notre rencontre au Festival international du dessin de presse et de la caricature. Là où il était invité  pour présenter son livre au public côté polars. Une première pour l’auteur de rencontrer le monde des dessinateurs et caricaturistes de presse et leur public pour une dédicace de son livre « la valse des loups ».  

Quelques mots sur Michel Simon

C’est surtout la puissance imaginaire qu’on remarque tout de suite chez lui, qu’il met en avant dans la dimension de ses récits comme jeune auteur, aux influences contemporaines certes mais surtout très professionnelles, issues du terrain et de son milieu policier dont il garde tout son professionnalisme.

Entre son métier qu’il exerce et sa passion d’écrire sans économie de mots, Michel Simon, l’écrivain et romancier du « roman noir » reste toujours soucieux de mêler souvenirs et imagination, toujours décidé à relater ses expériences extirpées de son métier, marqué aussi probablement par les lectures de sa jeunesse, autre passion jamais déméritée, qui sont partie prenante de toute sa culture. 

L’auteur est fin prêt pour entrer de plain pied dans la grande famille des auteurs du roman policier avec discrétion, tant il est vrai que son 2ᵉ roman qui va sortir, offrant encore des affaires bouillonnantes et scabreuses, avec ce sens du récit à lui, construit autour d’aventures et de mésaventures, est  attendu très prochainement avec impatience. Comme il était présent au festival du polar de l’Estaque qu’a organisé le Fidep (Festival International du dessin de presse et de la caricature) pour sa 7è édition. Une bonne occasion pour lui de participer à une  rencontre dédicace de son roman très marseillais « la valse des loups. »

Interview

En Répondant avec franchise et une grande humilité à nos questions, l’auteur nous a parlé de son métier, de ses choix d’écriture, de la ville de Marseille qui l’inspire, où la fiction et la réalité n’ont de cesse à abonder.

1/ Janapresse: Vous venez de publier votre 1er roman policier  » la valse des loups ». Comment vous est venue cette idée de récit tout à fait marseillais en prise avec le milieu de la ville ? 

Michel Simon : De par mon métier et l’expérience acquise.. Et j’ y ajoute cette passion en moi pour l’écriture et la lecture sur tout ce qui relève de la criminalité au quotidien, des affaires judiciaires douteuses, de la violence. J’ai connu et rencontré des personnes dont le quotidien semblait ordinaire, mais qui en réalité menaient une vie qui l’était bien moins. Soit par les épreuves souvent douloureuses qu’ils vivaient et sur lesquelles ils n’avaient aucune prise, soit par les défis qui se présentaient à eux et dont l’issue devait assurément mener à la réussite, à  la condition de faire les bons choix. Dans le premier cas « c’était la faute à pas de chance » a-t-on coutume de dire. On subit son sort et on doit souvent combattre contre soi-même afin de ne pas sombrer. Dans le deuxième cas, on vit dans l’illusion de tout maîtriser mais au moindre faux pas, à la moindre décision non adaptée à une situation donnée, tout est perdu et on ne doit alors son malheur qu’à soi-même: destins ou choix de vie? Difficile de se prononcer. Toujours est-il que de ces personnages-là, j’en ai bien connu, certains ne sont plus. Et c’est à eux que j’ai voulu rendre hommage, à ces gens  qui ont subi dans la dignité, et à ceux qui ont causé leur propre perte en toute bonne foi. 

2/ Janapresse : Vous avez choisi de prendre le pseudo de Michel Simon en référence à quoi? Avez-vous l’intention de le garder pour votre prochaine édition?  

Michel Simon : Cela faisait quelque temps que je cherchais un pseudo mais sans savoir lequel utilisé (un vrai casse-tête), et j’ai fini par opter pour celui de Michel Simon un très grand acteur décédé en 1975 et dont j’ai revu l’un de ses films encore récemment. Quant au fait d’écrire sous ma vraie identité, je n’en ai pas vraiment envie du moins, pas pour l’instant. L’humilité fait que je ne me considère pas encore comme faisant partie des grands du polar pour m’afficher ainsi aux yeux de tous. Et je vous confirme que Michel Simon me va très bien comme pseudo.

3/ Janapresse : Vous êtes déjà dans l’écriture de votre prochain roman policier. Dites-nous un peu plus sur le sujet de ce 2è livre?

Michel Simon : Oui, en effet, je suis sur l’écriture de mon 2è roman policier. Il aura pour cadre la ville de Marseille que je connais bien, et que j’aime. Bien sûr mon personnage principal Sercy sera au centre de l’enquête avec ses ramifications qui dépasseront les frontières. j’ai découvert sur le tard cette passion d’écrire notamment du policier, de mélanger fiction et réalité en prenant comme socle l’imaginaire et en y intégrant du vécu et des expériences du terrain acquises dans mon métier de policier. De ce regard porté sur l’écriture, c’est le polar qui m’a attiré au point d’en venir à raconter des sujets. Ce livre, sous forme de journal, je l’ai dédié à ma fille en lui contant ces enquêtes au quotidien que mène le héros, mais c’est aussi un roman en hommage à certains collègues et amis (Jean- jacques, Reynald, Pascal, Jean- Paul, tous décédés pas vraiment comme on pourrait le souhaiter), pour saluer leur courage et les extraire un peu de l’oubli dans lequel une très grande majorité d’entre nous est vouée à tomber après notre mort.

4/ Janapresse : D’où vous vient alors cette passion du Polar?

Michel Simon : Tout simplement de tout ce que je vis dans mon métier de policier depuis plusieurs années, de mes lectures de romans policiers et bien d’autres lectures encore qui m’inspirent en permanence. Donc précisément et quitte à me répéter, de tout ce vécu et d’un imaginaire qui, à un moment donné va faciliter pour moi une histoire fabriquée de toutes pièces avec ses personnages et son suspens. Quant à mon roman lui-même, c’est une histoire qui tourne  autour de la relation dans le travail entre deux personnes que tout oppose. Un enquêteur, un peu traîne savate qui s’intéresse de loin à ce qu’il fait, et une commissaire de police à la fois intègre et exigeante. Le premier ne la supporte pas, la fuit souvent à cause de sa réputation d’aristocrate poissarde. La seconde ne cesse de l’inciter à s’impliquer davantage dans ses investigations.  C’est ainsi que le héros va alors découvrir tout au long de son travail d’enquête que la nature humaine est sans limite dès lors qu’il s’agit de plonger et de se complaire dans les abysses de l’ignominie.

5/ Janapresse : Vous êtes invité au festival du Fidep ( festival international du dessin de presse et de la caricature) pour sa 7è édition à l’Estaque Marseille qui va associer des auteurs du Polar ? Quelles sont vos impressions?

Sur ma présence au Fidep, je suis très flatté d’être invité dans ce festival qui doit sa réputation à ses activités nombreuses et au talent de tous ceux qui l’animent. Les premiers sont les caricaturistes du monde entier habitués de ces lieux historiques de l’Estaque sans oublier les organisateurs qui mettent leur passion au service de tous. Pour moi c’est une occasion unique de retrouver le public marseillais et de faire connaître mon livre avec cette histoire typiquement marseillaise qui se déroule dans cette cité phocéenne,  aussi connue pour ses monuments que pour ses multiples paradoxes.Voilà pour l’essentiel, en plus de ma satisfaction d’être au milieu de ce public marseillais.

JACKY NAIDJA

AZOUZ BEGAG A REPORTERS: » LES HISTOIRES DE L’ALGERIE ET DE LA FRANCE SONT IRREMEDIABLEMENT LIEES ET LEUR AVENIR AUSSI ».

1/Reporters. dz :A propos de votre livre « les mémoires au soleil »,  qui vient de sortir, comment se porte sa promotion et comment est-il perçu par le public?

Azouz Begag : la promotion que j’ai entamée en direction du public des librairies se porte très bien. Je suis très encouragé car il y a eu un 2è tirage du livre depuis une semaine. C’est le signe que les libraires ont pris en main le destin de cet ouvrage. J’en suis très heureux car je rencontre beaucoup de public qui me le rend bien. Je croise les doigts pour le moment!

2/Reporters.dz : Ce roman ne serait-il pas une suite naturelle des mémoires du « Gone de la Chaâba » où je me trompe? En tous cas c’est comme ça qu’il est perçu…!

Azouz Begag : C’est très juste. En somme c’est la fin du Gone de la Chaâba et comme vous dites c’est une suite naturelle des mémoires…

3/Reporters.dz : Pensez-vous qu’il a une chance d’être adapté au cinéma comme le précédent livre qui d’ailleurs a reçu le prix….

Azouz Begag : Oui tout à fait. Parce que je suis moi même scénariste pour le cinéma et la télévision. Et j’écris les romans comme un parfait scénariste.

4/Reporters.dz : A ce propos justement, vous avez commencé votre carrière d’écrivain avec le roman et vous l’avez prolongé avec l’essai et les textes à thèses. Pourquoi?

Azouz Begag : Aujourd’hui il faut être littéraire mais en même temps sociologue, historien pour pouvoir élaborer une œuvre complète. Je crois que « les mémoires au soleil », est une œuvre complète parce qu’elle associe plusieurs disciplines: la sociologie, l’histoire, la géographie. Et c’est aujourd’hui à l’âge de mes 60 ans que je réalise l’accomplissement de mon travail d’écrivain après de nombreuses années d’écriture qui ont vu naitre de nombreux autres ouvrages. C’est vous dire aussi le temps passé, précieux et important dans ma vie.

5/Reporters.dz : Dans le travail du texte à thèses, vous semblez avoir rapidement basculé du texte universitaire et académique à celui du grand public. Est- ce alors un besoin de vous faire davantage entendre et mieux comprendre?

Azouz Begag : Les travaux des scientifiques ne constituent qu’une minorité du public. Et moi, depuis toujours, j’ai eu cette ambition de changer quelque chose dans la société. C’est avant tout de faire en sorte que le grand public soit mon objectif en priorité… J’écris de telle manière que le grand public puisse me lire aisément. C’est un peu ma problématique de l’égalité des chances car je veux que tous mes travaux soient accessibles au plus grand nombre pour pouvoir accéder à la lecture de mes ouvrages et mieux me faire entendre et comprendre. Oui, il est vrai qu’il y a un réel besoin de se faire comprendre tout au moins par les plus modestes, les enfants, puisque j’ai beaucoup écrit pour eux. Mais aussi les pauvres qui doivent comprendre combien c’est important la lecture, l’écriture, en somme l’éducation. C’est pour cela que je fais en sorte que les gens défavorisés dans la société puissent accéder facilement à mes travaux.

6/Reporters.dz : Vous faites souvent l’éloge de la double culture, une posture difficile à soutenir pourtant. Pourquoi y tenez-vous à ce point?

Azouz Begag : Non. Pas particulièrement. Parce qu’une très grande partie de la population française est issue d’une culture mixte ou en tous cas d’une culture hybride : en exemple les espagnols, les portugais, les italiens, les polonais, les maghrébins, qui font un peuple qui vient de partout et ça fait la richesse de la France d’aujourd’hui. Tout en s’emparant de la langue française pour écrire des livres, faire des films et en tout voilà 250 millions de francophones dans le monde.

7/Reporters.dz : Vous avez été ministre de la République, quelle expérience gardez-vous de votre mandat. Ce titre vous sert-il encore?

Azouz Begag: C’est une expérience très enrichissante. Mais pas de tout repos surtout durant la période de ma nomination avec les émeutes des banlieues qui ont suivi. De mon point de vue, aujourd’hui un écrivain reconnu dans la société française a plus de pouvoir qu’un ministre, pour la simple raison qu’un écrivain est un homme libre. Alors qu’un ministre est un homme bridé. Je dirais que le titre de ministre ne me sert pas du tout. Et je n’ai pas quitté la politique pour me taire bien que j’en garde quand même un bon souvenir. Rappelant au passage « qu’il n’était pas entré au gouvernement par charité » mais  » pour donner à la France le goût de la diversité. »

8/Reporters.dz : La France et l’Algérie sont toujours à la recherche d’une relation à la hauteur de leurs ambitions malgré quelques contentieux. Comment voyez- vous cette relation avec le temps qui passe?

Azouz Begag : Je crois que mon roman va contribuer à rapprocher encore plus ces deux pays parce qu’il leur parle, en même temps il tend à rapprocher leur histoire. Personnellement lorsque je suis parti à la recherche de mes ancêtres morts en 1917 dans la Somme, ces petits éléments de mon autobiographie ont eu surtout pour valeur de faire comprendre que les histoires de la France et de l’Algérie sont irrémédiablement liées et par voie de conséquence leur avenir aussi. Les millions de français d’origine algérienne sont tous de près ou de loin des ambassadeurs de la construction de cette relation Franco-Algérienne qui s’est établie depuis fort longtemps, avant tout sur la base de la langue française. L’équilibre viendra avec le temps, car cela fait à peine 70 ans que la guerre d’Algérie est terminée. Les générations à venir ne pourront que vivre de manière plus apaisée. Il y a donc de mon point de vue toutes les raisons d’être optimiste aujourd’hui car il y a tout à gagner à vivre une relation apaisée et durable dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples.

9/Reporters.dz :  L’Algérie célèbre aujourd’hui l’anniversaire du 19 mars 1962. Une date historique du cessez- le feu et des accords d’Evian. Qu’est ce que cela signifie pour vous en tant que sociologue et politique à la fois ?

Azouz Begag : de la part du politique, j’ai un point de vue positif qui a compris dans les années 60 qu’un pays ne pourrait pas imposer sa domination sur un autre pays et que le processus d’autonomisation et d’indépendance des nations était irrémédiable. L’expression de la liberté par toutes les nations du monde est un processus plus fort que tout. Les dirigeants algériens et français de l’époque l’avaient bien compris à temps pour mettre fin à une guerre par le cessez- le feu et garantir la paix par des accords d’Evian.

10/Reporters.dz : Comment voyez-vous l’avenir de l’Algérie à la veille de nouvelles élections présidentielles en 2019 ?

Azouz Begag :  l’avenir de l’Algérie comme celui des pays du Maghreb est lié intrinsèquement à celui de l’Europe, de la Chine, de l’Afrique. C’est le cycle de la mondialisation, non plus seulement dans la relation bilatérale avec la France. Il y a par exemple un nombre impressionnant de chinois qui contribuent à bâtir l’avenir dans cette partie du monde. Cela est un signe très fort de coopération internationale. Désormais l’avenir se conçoit en terme planétaire, en terme multilatéral, en terme de globalisation. Il faut voir cette évolution de l’Algérie, un pays de 40 millions d’habitants comme une évolution positive à l’exemple de son voisin le Maroc qui évolue pareillement tout en sachant que la Tunisie et la Lybie ont de sérieux problèmes liés particulièrement à des difficultés économiques. Bien entendu, il faut toujours espérer un renouveau pour le pays.

11/Reporters.dz : Que dites vous sur cette jeunesse algérienne dont plus de 60% ont moins de 25 ans et qui est enclin à des difficultés notamment le chômage?

Azouz Begag : S’il n’y a pas de développement économique immédiat, susceptible de créer des emplois à cette jeunesse à court ou moyen terme, on va droit à une catastrophe dans toute la région. Ce n’est pas seulement l’Algérie qui est le plus concernée mais tout le Maghreb à qui il faut apporter une politique globale pour reconsidérer les besoins de cette jeunesse et lui redonner la fierté qu’elle mérite, sinon la mer Méditerranée va continuer à être le cimetière à ciel ouvert pour des dizaines de milliers de jeunes en plein désespoir.

12/Reporters.dz : Sur la femme algérienne, comment voyez- vous sa place dans la société actuelle quand on sait que l’Algérie a progressé avec plus de 30% de femmes élues dans la représentation nationale?

Azouz Begag : Il est bien évident que c’est par la femme que vont encore se produire de principales avancées sociales et humaines. C’est un bel exemple de l’Algérie. Mais les femmes maghrébines en général ne nous ont pas attendu pour aller vers leur autonomisation et leur liberté puisqu’il faut reconnaitre que dans les universités du Maghreb, ce sont les femmes qui sont majoritaires. Elles ont déjà leur destin en mains et je vois ça très bien comme cela. Je suis même très content de voir qu’il y a à peine un mois, en Arabie Saoudite, les femmes ont pu être autorisées à conduire leurs voitures même si cela n’a pas été facile à gagner. La femme aujourd’hui dans le monde arabo-musulman est le fer de lance de la libéralisation de nos pays trop longtemps ancrés dans l’archaïsme. De très grands efforts sont menés aussi au Maroc et en Tunisie et la tendance de cette évolution par rapport à celle de l’Algérie reste pratiquement la même dans toute cette région.

13/Reporters.dz : Quand vous entendez parler de discrimination, de harcèlement sexuel au travail et de sexisme, quels sont les éléments de votre compréhension sur ces sujets?

Azouz Begag : Ce sont des mouvements irréversibles qu’il faut comprendre par le respect des femmes avant tout. Leur autonomie est un fleuron de la liberté comme partout dans le monde et c’est en observant la façon dont on traite les femmes que l’on observe les progrès d’une société. En France, il existe des lois et celles à venir prochainement sur ces sujets principalement vont constituer un sévère barrage à ces dérives.

14/Reporters.dz : Vous êtes attendu à Aix en Provence le 6 avril prochain pour une rencontre- dédicace de votre livre à la librairie de Provence, avec le public aixois. Avez-vous un message particulier à transmettre?

Azouz Begag :  Je réponds avec plaisir à une invitation de la librairie de Provence par l’intermédiaire de Christophe Lépine son directeur. J’en suis ravi et c’est une bonne occasion de rencontrer tous les publics, les universitaires, les gens des quartiers, d’origine différente, de religion différente et je leur dis avec Azouz Begag, il n’y a pas de censure. Je vous raconterai toutes mes vérités.

Propos recueillis par Jacky NAIDJA et Nordine AZZOUZ.

Répondant à nos questions avec sa franchise habituelle et toute son honnêteté intellectuelle, Ghaleb Bencheikh, modeste et affable, tente de nous faire comprendre avec raison et une certaine vertu de la liberté à laquelle il est tant attaché, l’évolution du monde musulman et nous propose des outils et des angles d’attaque inédits sur la restructuration de l’islam voulue par le Président Macron. Le problème des mosquées en France, la place de la femme dans l’islam ou encore les rapports Franco-algériens sur la question des archives détenues encore en France. Abordant son ouvrage « Petit manuel pour un islam à la mesure des hommes » qu’il vient de publier aux éditions JC Lattès, enrichi au fil des temps par ses notes extirpées de ses conférences depuis les attentats, dans lequel il se livre sans ambigüité aucune, via un domaine de connaissances sur l’islam, la laïcité et la démocratie en France. C’est un exercice habituel pour lui que de parler de ce qui l’anime en permanence, sa vision de l’avenir du monde musulman dans sa marche vers le 21ème siècle, lui préférant la modernité, mieux une renaissance: celle d’un nouvel esprit en tous cas. Un livre dense de 200 pages écrites minutieusement, et tout à fait accessible, un triptyque nous dira-t-il, le premier qui va s’interroger sur les enjeux et les mutations de notre société, reflet de notre histoire, de notre pensée espérant en tous cas des rapprochements plus féconds vers de nouvelles voies dans l’acquisition du savoir.

« l’auteur qui connait parfaitement le Coran pour l’avoir appris, lu et relu souvent vient de démontrer dans ce livre, que la laïcité se pense en dehors d’une quelconque lecture du texte sacré, mais c’est en organisant de manière positive le principe de laïcité, en tant que musulman, inscrit dans l’espace commun de la République, parce qu’on est citoyen et musulman, comme on peut être chrétien, juif, croyant ou non croyant, qu’on peut faire la part des choses entre les affaires des hommes et les affaires de Dieu…Avec un détour, celui de l’intelligence qui prend du temps mais qui apaise et légitime. » (Extraits de la quatrième de couverture)

Reporters.dz : Le Président Emmanuel Macron veut restructurer l’Islam en France. Pensez-vous que cette démarche des pouvoirs publics est judicieuse, bienvenue et que l’Islam est bien représenté en France malgré ses nombreux interlocuteurs?

Ghaleb Bencheikh: La bonne réponse serait de dire, hélas, l’Islam n’est pas bien structuré. Il faut reconnaître que si l’Islam était bien représenté, les gouvernements successifs depuis un quart de siècle, au moins, n’auraient pas éprouvé le besoin de l’organiser. Certes, la tradition islamique, notamment dans son obédience sunnite, ne reconnait pas une autorité centrale. Il est vrai que sa représentation n’est pas unitaire. Mais devant, l’incurie organique qui prévaut, répond une volonté des pouvoirs publics en France de changer les choses. En réalité, nous sommes devant un grand paradoxe. Il nous incombe de le rompre parce que nous sommes dans un Etat laïc et la séparation de la politique d’avec la religion est inscrite dans la loi du 9 décembre 1905. On constate alors que les pouvoirs publics veulent s’immiscer dans l’organisation d’un culte au sein de la République et cela n’est pas normal eu égard à la laïcité de l’Etat. En même temps, les pouvoirs publics veulent avoir un interlocuteur privilégié, compétent, sérieux à qui ils doivent avoir affaire. Je peux comprendre que le président Macron et son ministre Gérard Colomb veuillent avoir en face d’eux une organisation saine, solide, composée de gens à la hauteur des enjeux cruciaux. Cette démarche en elle-même est judicieuse et même nécessaire. Malheureusement malgré tout ce que l’on peut penser, il faut passer par là pour avoir en définitive un partenaire compétent, reconnu et fin connaisseur de la réalité islamique en France. Et ainsi mettre l’islam à sa bonne place avec une composante islamique de la nation mieux organisée, sereine et apaisée. Depuis longtemps ce fut toujours le recteur de la grande mosquée de Paris qui était, de facto, l’interlocuteur privilégié. Depuis le CFCM (conseil français du culte musulman) qui n’a pas su ou pas pu fédérer autour de lui toute la communauté musulmane de France, se sont créées plusieurs chapelles qui n’ont pas gagné en crédibilité.

Reporters.dz : A côté de cela, il y a le problème des mosquées qui reste toujours posé quant à leur mode de fonctionnement, comme sur leurs financements ou encore la formation des imams par exemple. Qu’en pensez-vous?

Galeb Bencheikh : Suite au volontarisme du Président Macron, peut-être va-t-on vers une bonne solution. En tous cas, de mon point de vue personnel, il y a trois points fondamentaux et particulièrement essentiels: Le recensement des mosquées et leur officialisation, la formation des imams et le financement du culte. On parle de deux mille cinq cents mosquées en France, ce n’est peut-être pas suffisant au regard du nombre de fidèles. Mais il faut aussi des lieux de culte dignes et transparents pour la gestion paisible pour la pratique religieuse. En réalité, le plus important, c’est de savoir qui contrôle ces mosquées? Qui sont les imams? Sont-ils bien formés, ouverts au dialogue, à l’altérité confessionnelle? Ce sont des questions importantes qu’il faut vouloir régler avant tout. Concernant la formation des imams, j’ai toujours pensé que – bien que je ne sois pas pour que le concordat perdure – dès lors que le régime concordataire existe il faudrait qu’il soit étendu à l’islam. Il faudrait qu’il y ait un séminaire, une faculté ou un institut de théologie islamique pour former les imams en France sur les deniers publics en attendant de trouver une solution ailleurs. Il faut également que les imams soient formés à l’esprit gallican : marier l’héritage culturel, le patrimoine français avec la théologie islamique. Sur le financement, il faut être extrêmement vigilant quant aux engagements financiers occultes et notamment ceux provenant de certains pays, car ils deviennent de fait des Etats qui s’ingèrent dans la souveraineté nationale. Parce que celui qui finance dicte obligatoirement ses conditions, celui qui rémunère l’orchestre, choisit la musique. Et si les financements sont transparents et qu’on peut faire appel à des souscriptions nationales et internationales, pourquoi pas? N’oublions pas que l’église orthodoxe de Paris a été financée par des deniers étatiques russes. Simplement, il faut que cela soit contrôlé par un organisme comme la Cour des Comptes, par exemple. Ou alors faire en sorte que la « Zakat » l’aumône dite légale, une fois qu’elle a bénéficié aux nécessiteux et aux indigents, une partie restante pourrait revenir à l’organisation du culte islamique en France. Et, il y a la redevance du marché Halal, il faudrait qu’elle puisse autofinancer la pratique cultuelle également. Tout cela peut être clarifié en toute transparence.

Reporters.dz : L’Islam et la place de la Femme. Parlez-nous de cette charte en 10 points, élaborée récemment par des théologiens experts de la Grande Mosquée de Paris et à l’initiative de Dalil Boubakeur, qui veut lutter contre une lecture rétrograde du Coran et codifier la place de la femme dans l’Islam?  Qu’est- ce que cela représente pour vous?

GhalebBencheikh: à propos de la place de la femme, nous avons toujours entendu les islamistes affirmer que le Coran lui a accordé des droits qu’elle n’avait pas en son milieu dans la péninsule Arabique au VIIe siècle. Elle est devenue héritière alors qu’elle faisait partie du patrimoine à léguer. Devenue témoin alors qu’elle n’avait pas une parole qu’on entendait pendant qu’on a limité la polygamie à quatre femmes, de ce fait, le Coran lui avait donné toute sa dignité. Ce sont des choses que nous serine tous les jours la propagande islamiste. La seule chose ennuyeuse dans cette affaire, c’est qu’on a figé des dispositions législatives à un moment donné de l’histoire qui, à l’époque constituait peut-être ce fameux progrès dont on se gargarise. Mais, maintenant cela devient une régression terrible. Au XXIe siècle on doit considérer le droit comme une émanation rationnelle des hommes, s’appliquant aux hommes, pour le bien-être des hommes. C’est un droit positif qui tient compte de l’évolution des sociétés. De ce point de vue les sociétés musulmanes ont à évoluer en affirmant pleinement l’égalité ontologique et juridique « homme/femme ». Dans ce cas, elles entreront de plain-pied dans la modernité, dans le progrès, dans l’humanisme avec des valeurs universelles. Sinon, elles écoutent ce que leur racontent les doctrinaires islamistes et elles restent dans la régression tragique et l’arriération. Il est temps de s’insurger contre le statut infrahumain que connaissent encore de nombreuses femmes dans les sociétés musulmanes.

Quant à la charte que vous évoquez, l’important n’est pas tant son contenu, mais le respect des lois de la République. Si on est citoyen français ou résidant en France, on se doit d’appliquer les lois de la république française. Il se trouve aussi que les lois sont évolutives. Si on n’est pas d’accord on « jouera » sur l’alternance politique et on fera en sorte de changer la loi. A ce sujet, nous nous devons de nous appliquer les lois démocratiques à propos de l’égalité homme/femme et surtout le respect absolu et scrupuleux de la liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire. Cette égalité et ce respect sont une valeur fondamentale en laquelle nous croyons tous, citoyens musulmans et non musulmans. De ce point de vue, nous n’avons pas besoin d’une quelconque charte qui n’a pas une valeur juridique du reste, car dès lors qu’on évoque une charte, on insinue dès le départ une singularité. Elle implique l’idée qu’on pourrait se mettre en dehors de la législation en vigueur.

Reporters.dz : Parlons maintenant des rapports entre la France et l’Algérie sur l’histoire mémorielle qui n’est pas tout à fait accomplie quand on sait que l’Algérie n’a toujours pas récupéré ses archives détenues en France. On parle seulement de 2% environ aujourd’hui. Qu’en est-il au juste selon vous ?

Ghaleb Bencheikh: A un moment donné, il faut qu’on sorte de l’histoire officielle. C’est une marque d’arriération que de croire que le politique peut régenter l’histoire et lui imprimer un caractère officiel. En ce qui concerne la France et l’Algérie, il y a, certes, un sérieux problème d’archives quant à leur restitution. Les relations franco-algériennes ont toujours été des relations passionnées, passionnelles. Il faut savoir les dépasser aujourd’hui, nous l’avons toujours dit. La France et l’Algérie ont un avenir commun et l’axe Paris-Alger est un axe structurant dans l’avenir des peuples algérien et français et par-delà dans toute la région. Ces 2% d’archives mis à disposition de l’Algérie par la France restent en décade ce qui est requis pour l’écriture d’une histoire objective. Il incombe donc aux autorités françaises de s’acquitter de cette dette et de remettre les archives à leurs destinataires: les Algériens. Puis, il faut les confier aux Archives nationales ou aux institutions officielles comme les universités, les bibliothèques où les historiens, universitaires, chercheurs, et autres étudiants pourront travailler librement.

Reporters.dz : D’après ma collègue Zahra Ferhati, journaliste TV que j’ai associée à ce questionnement, les sociétés musulmanes ont certes évolué. L’apport économique de la gente féminine est indéniable de ce côté là. Aussi est-il logique que la loi sur l’héritage notamment sur la part des femmes reste la même qu’à l’époque où la femme était un objet économique? Quel est donc votre sentiment à cet égard?

Ghaleb Bencheikh : Je répondrai non. Car on ne peut pas figer la dévolution successorale au temps du VIIe siècle. La femme est aussi actrice du développement économique et continuer à lui attribuer une demi-part d’héritage est injuste. Les islamistes rétorqueront que ce n’est pas toujours le cas, que la femme jouit de l’autonomie financière, qu’elle n’est pas tenue de subvenir aux besoins de la famille…Or, tout cela relève d’un modèle ancien, dépassé. Il est totalement obsolète. Et encore une fois, à notre époque contemporaine, l’homme et la femme doivent ensemble œuvrer au bien-être de la famille. Continuer à cryogéniser, à fossiliser, à calcifier des dispositions législatives et des normes juridiques du VIIème siècle est inique et inacceptable.

Reporters.dz : Aujourd’hui, la femme musulmane a accédé à des postes très sensibles dans la gestion de la cité mais reste encore mineure par rapport au mariage. Qu’en dites-vous?

Ghaleb Bencheikh : Dans les sociétés à majorité musulmane, en particulier dans le cas algérien, la femme peut accéder en théorie à la magistrature suprême. Imaginons un seul instant qu’on ait une femme présidente de la République qui veut se marier. Se posera une question: Est-ce qu’à ce moment-là, alors qu’elle commande aux destinées de la nation, aura-t-elle besoin d’un tuteur pour se marier?  C’est un non-sens total. Il faut l’abolir. La femme n’a pas besoin d’un tuteur si elle a envie de se marier ou de voyager.

Reporters.dz : Croyez-vous un instant que le monde musulman est prêt à une relecture du texte coranique dans son contexte historique et cultuel pour une mise à jour moderne?

Ghaleb Bencheikh : Si le monde musulman n’est pas prêt à faire une relecture moderne ou une mise à jour de la compréhension du texte coranique, il signera sa régression tragique. La question sera alors « être ou ne pas être musulman…au XXIe siècle ». Il faut pourtant savoir relativiser le texte à son contexte et ne pas l’utiliser comme un prétexte pour un nouveau contexte, sinon on prendra en otage le texte. En fait, on est obligé d’avoir une interprétation pour que les croyants puissent vivre en bonne conscience avec l’intelligence hybride, celle du cœur et de l’esprit et renouer avec l’humanisme d’expression arabe en contextes islamiques. Cet humanisme est oblitéré, occulté, ignoré, effacé des mémoires, insoupçonné. Pour le ranimer, le revivifier et le conjuguer avec d’autres apports venant d’autres horizons confessionnels et civilisationnels, il faut alors avoir cette nouvelle lecture hardie, appropriée avec les outils de l’intelligence et de la connaissance: l’herméneutique, l’exégèse moderne, la philologie, l’historiographie, la linguistique, la sémiotique…Encore une fois, toutes ces disciplines des sciences de l’homme et de la société doivent concourir à comprendre le texte d’une manière intelligente et élévatrice.

Reporters.dz : Parlez- nous de votre dernier ouvrage le « Petit manuel pour un islam à la mesure des hommes »* qui vient de paraitre  aux éditions Lattès.

Ghaleb Bencheikh :Dans ce premier volet (c’est un triptyque, ndlr) j’aborde les questions relatives à la laïcité et la sécularisation. Il faut comprendre cette dernière – une fois théorisée – comme un bien pour les sociétés musulmanes. Parce qu’avoir des individus qui viennent nous dire qu’ils ont su pénétrer « le désir politique » de Dieu, c’est un mensonge manifeste. Tout comme ceux qui disent qu’ils ont réussi à scruter la volonté divine et qu’ils sont les seuls à l’avoir comprise pour vouloir l’imposer à leurs semblables. C’est aussi faux. N’importe qui est devenu le procurateur de Dieu et le défenseur exclusif de ses droits sur terre. Il est vrai que par essence, l’islam est une religion monothéiste vénérant un dieu unique, Dieu de bonté, d’amour et de miséricorde, mais l’organisation de la cité est avant tout une affaire humaine. L’ouvrage est écrit comme une compilation de plusieurs conférences prononcées afin de donner une assise doctrinale à la désintrication de la politique d’avec la religion islamique. A mon niveau et très modestement, j’essaie de montrer qu’à travers l’histoire, bien qu’il n’y eût pas eu une science politique autonome en contextes islamiques, il y eut une véritable tradition de « miroirs des princes ». Le théologico-politique s’est affirmé en se crispant davantage avec le wahhabisme et avec la doctrine des « Frères musulmans ». La révolution khomeyniste n’a rien arrangé dans l’obédience shiite. Il est temps de revenir à la démocratie et au respect des libertés fondamentales.

« Petit manuel pour un islam à la mesure des hommes » est un livre qui traite de la désacralisation de la violence et surtout de l’égalité homme/femme. Une réflexion sur l’islamophobie, sur la liberté de conscience, la législation positive ou « le positivisme juridique » complète l’ensemble. De ce fait, les sociétés musulmanes évolueront quand elles laisseront place au droit positif au 21ème siècle : « On ne coupe pas la main du voleur, on ne lapide pas les femmes, on ne bastonne pas les impudents »!

Une proposition de lecture à la faveur de la modernité et la démocratie.

* Paru aux éditions JC Lattés. Février 2018. 16 euros.

*Ghaleb Bencheikh : Docteur ès sciences, formé en philosophie et en théologie, est unislamologue franco-algérien. Il est auteur de nombreux ouvrages et essais ayant trait au fait islamique, à la laïcité et bien d’autres sujets sur les problématiques des sociétés contemporaines. Ses conférences sont réputées dans les colloques nationaux et internationaux. Il est aussi Producteur et animateur de l’émission « Questions d’Islam » chaque dimanche sur France Culture et présente l’émission Islam sur France2. Membre du bureau de la Fondation de l’Islam en France, il préside aux destinées de la Conférence mondiale pour la Paix.

Propos recueillis par Jacky NAIDJA

avec la collaboration de Zahra FERHATI

A PROPOS DE MP2018

A l’occasion du lancement de MP2018 et de l’avenir du Grand Port Maritime de Marseille, Raymond VIDIL en tant que Président s’est exprimé à ce sujet.

Sur le projet du J1

C’est une très bonne chose. On ne peut pas mieux faire pour ne pas laisser un équipement aussi important et de cette qualité en friche. Le J1 a eu une carrière glorieuse depuis sa construction en 1920 pour servir aussi à entreposer des marchandises. Le port avec l’augmentation de l’activité portuaire s’est développé avec plus de mouvements classiques vers le Nord-Ouest dans des rapports entre les villes et les ports. Les bateaux restant de moins en moins à quai et les marchandises conteneurisées. Donc plus besoin de hangars de ce type, qui à l’origine ont été bâtis lorsque les conteneurs n’existaient pas. Le J1 étant devenu petit à petit sans activité, la direction du Port a donc lancé un appel d’offres pour un nouvel édifice plus en relation avec la ville et le port où vont se rencontrer des projets de développement économiques, culturels et touristiques avec des usages urbains et portuaires notamment tout en lui gardant toute sa vocation maritime.

Sur la relation MP2018 et le J1

Le J1 est un emplacement plus que symbolique, faisant face à la Place Sainte Marie, un passage historique et significatif par où sont arrivés les Grecs à Marseille. C’est bien évidemment une image valorisante du Port de Marseille. Avec MP2018, nous allons occuper ces lieux que la Ville de Marseille a mis à notre disposition pour l’organisation de ce grand événement culturel à partir de février jusqu’à novembre 2018. Nous occuperons le 3è étage (8.000 m2) pour la programmation d’une série de spectacles, concerts, expositions pour mettre en lumière deux artistes mondialement connus l’un JR pour ses grandes œuvres urbaines et grands portraits format espaces publics grâce au photocollage, l’autre KORAKRIT ARUNANONDCHAI, artiste Thaïlandais, un autre génie dans son genre, pour mêler spiritualité, sculpture, son et vidéo.  C’est donc avec ce type de partenariats sur des projets innovants, culturels, touristiques et économiques, que le Port par sa vocation commerciale, de transport de passagers, de marchandises va trouver le compromis nécessaire pour pérenniser cette relation entre la ville et ses habitants.

Propos recueillis par JACK NAIDJA