Symposium de Monaco
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Symposium de Monaco / Méditerranée / Environnement

Qu’est-ce que le journalisme écologique ? A quoi servent les médias dans les questions environnementales et servent-ils réellement la cause écologique ? A ces questions, de nombreuses réponses ont été données lors de la dernière journée des travaux du dernier symposium de Monaco sur les médias et l’environnement.

Symposium de Monaco

Ces réponses sont dans l’ensemble similaires aux professionnels de la presse et des médias quelle que soit leur situation géographique. Elles traduisent une difficulté à faire passer l’information et surtout le message écologique qui sert à alerter sur les dangers qui pèsent sur le milieu naturel si personne n’y prend garde.

Ce sont aussi des réponses qui diffèrent aussi que l’on soit journaliste écologique dans les pays occidentaux, ceux du Nord, ou dans les pays du Sud. Chez les premiers, l’existence de groupes associatifs et politiques militant de façon organisée et dans les Parlements pour les questions de l’environnement leur permet d’être plus visible et de diffuser une information audible et faisant partie des débats récurrents dans leurs sociétés. Chez les seconds, le métier de journaliste spécialiste de l’environnement et de ses enjeux se fait presque dans la solitude. Il est accompli dans un contexte marqué par l’absence d’associations réellement organisées et capables de rendre crédibles leurs actions auprès des responsables politiques préoccupés par l’impératif industriel et économique dans des pays et des sociétés en quête d’un niveau de richesse et de vie synonyme par exemple de confort, de recours à l’automobile, etc. Parmi les journalistes des pays du Sud qui sont intervenus, M’hamed Rebah, qui écrit dans les colonnes de Reporters, a dressé de la situation des médias écologiques en Algérie un tableau contrasté. Il n’existe pas une presse
écologique spécialisée et suffisamment forte comme en Europe ou ailleurs dans les pays occidentaux. Il existe des journalistes spécialises – peu nombreux d’ailleurs – qui essayent de porter et défendre le discours à valeur écologique. Avec un impact presque nul, a-t-il précisé, en citant des cas de forte mobilisation qui n’ont pas servi à stopper des projets à polémique et considérés comme un risque écologique. Il en est ainsi de l’auto route Est-Ouest et de la levée de boucliers qu’elle a provoquée en ce qui concerne son passage à proximité de la zone protégée d’El Kala. Le mouvement contre le projet a été relayé par les médias nationaux, mais le projet a fini par «passer» au nom de l’utilité économique et de l’intérêt général, a indiqué M. Rebah. L’expérience algérienne ne fait pas l’exception, a ajouté le conférencier qui a parlé d’unecouverture médiatique qui ne sort pas du «ronron habituel», faisant allusion à des articles de presse dont les auteurs se concentrent sur les pollutions atmosphérique, maritime, exposition de certaines espèces à la disparition… Il n’empêche qu’au fil des années, une «maturité écologique» s’est installée et commence à faire manifester une opinion sensible à l’impact environnemental sans que cette opinion n’ait une proximité réelle avec les associations spécialisées. Il en est ainsi du mouvement anti schiste qui s’est déclaré dans la région d’In Salah dans le Grand Sud algérien. De son côté, Suzanne Baaklini, journaliste libanaise à l’Orient-Le-Jour, a regretté que la question environnementale ne requiert pas l’importance qu’elle doit avoir et qu’elle reste dans les pays arabes comme le Liban malheureusement «éclipsée» par l’actualité politique et économique. La conférencière souligne toutefois que le paysage médiatique dans son pays commence à s’intéresser à titre d’exemple à «des dossiers écologiques avec sérieux et inquiétude». Il faut dire que Le Liban est un pays confronté depuis de longs mois à de sérieux problèmes de gestion des rejets domestiques. Des problèmes qui ont tourné à la crise politique. Depuis la fermeture de la décharge de Naamé proche de la capitale Beyrouth, le 17 juillet 2015, le pays fait face à une crise sans précédent des ordures ménagères. Au pays du cèdre, on appelle ça la «crise des ordures». Alors que cette partie du Liban croule sous les déchets, le gouvernement a récemment opté pour leur l’exportation pour une période de 18 mois, notamment vers la Russie, avant que le plan ne tombe à l’eau. L’État semble privilégier à nouveau la solution des décharges sanitaires à travers le pays, un choix qui avait été rejeté par les populations locales concernées. Et ce n’est pas fini.

Source : reporters-dz.com

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