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En mettant bout à bout ses mémoires tirées de toute son enfance, l’auteur en s’interrogeant sur son passé, passe en revue celui de son père, de sa famille où l’exil prend toute sa place et où s’imposent de multiples questions identitaires. Un livre qui parle du déracinement mais qui célèbre la vie. Une suite sans aucun doute de cette histoire fabuleuse du « Gone du Chaâba » (1986), roman adapté avec succès au cinéma en 1998 par Christophe Ruggia qui lui a valu le Grand Prix du Festival de Cannes Jeunesse.

Une longue histoire lumineuse bien racontée dont Azouz Begag ne s’est jamais échappé. Laissant même parfois libre cours à une ironie mordante et incisive qu’il mêle à ses souvenirs de gosse qu’il était, allant même chercher au fond de sa mémoire d’écolier de quoi faire de ce récit rocambolesque, une histoire familiale généreuse, tendre et nostalgique à la fois. Et avec une remarquable honnêteté, il dresse le portrait sobre et sensible de son père Bouzid aux côtés de sa mère Messaouda toujours là, affectueuse. Sans jamais aussi déshumaniser les autres acteurs de son récit sortis on ne sait d’où, comme Amor Plastic le cafetier, Miloud Météo, Lunettes Noires ou Front Tatoué. Là dans ce café où justement le thé à la menthe coule à flots et les jeux de dominos viennent à faciliter l’amitié entre tous. En retraçant le quotidien singulier de sa vie de famille avec toutes ses péripéties comme il y en a beaucoup dans les familles émigrées, Azouz Begag, avec son écriture brillante se raconte autour du personnage central de son père atteint d’Alzheimer, qu’il accompagne au milieu d’illustres amis à lui. Eux aussi, cabossés par la vie, que le destin a toujours rapproché dans la salle de ce « café du soleil » lieu mythique de ce quartier de Lyon, seul lieu de rendez-vous des anciens. L’auteur dans tout ce tumulte qui l’entoure, avec ses incertitudes et ses espoirs, arpente les traces de son passé peuplé de rencontres variées et diverses comme pour suspendre un moment le temps qu’il veut bien consacrer à ce père accoutumé aux fugues perpétuelles, qu’il faut toujours aller chercher quelque part sous la protection vigilante de sa mère. Toujours là, présente pour éprouver seule, le sacré de toute une existence. Malgré tous les efforts, rien n’arrêtera la longue descente du père Bouzid vers la mort que l’auteur, avec une certaine profondeur d’esprit laisse imaginer sans souffrances. Lequel père est parti, sans jamais exaucer son rêve : celui de retourner dans son pays natal.

Ecrivain et fin connaisseur de la culture française et des problèmes liés à l’émigration, l’intégration ou encore la violence et la pauvreté, Azouz Begag, auteur de nombreux ouvrages, tente dans ce dernier roman tout de finesse et d’élégance, de faire dialoguer le passé et le présent de l’histoire de l’émigration à travers le parcours de son père en France. Un peu comme une quête de vérité dont il ne cessera jamais d’en parler. Et en hommage à son père, pour terminer, il livre dans ces pages, une part de sa vérité intime, savoureuse et attachante jusqu’à ce voyage en Algérie, au village de Bendiab près de Sétif, pour ce retour aux sources sur le parcours de vie de son père dont il ne trouvera nulle trace, tout en évoquant avec authenticité sa « famille d’extraterrestres » qu’il nomme ainsi.

Azouz Begag, invité à une rencontre-dédicace le 6 avril prochain avec le public d’Aix en Provence à la librairie de Provence à l’occasion de la parution de son ouvrage aux éditions du Seuil (Mars 2018) a livré en exclusivité à Reporters.dz ses impressions et surtout parlé de son expérience acquise dans les rouages de l’Etat en tant qu’ancien ministre de la Promotion de l’égalité des chances. Et d’évoquer plusieurs sujets comme sa carrière d’écrivain ou plus encore l’Algérie qu’il a au coeur.

JACKY NAIDJA

*Les Mémoires au soleil : Publié aux éditions du Seuil (Mars 2018)

 

Azouz BEGAG : Fils d’émigrés algériens. Né en 1957 à Villeurbanne. Écrivain, Essayiste et Romancier, chercheur en sociologie urbaine au CNRS, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages (romans et essais) et de plusieurs prix dont le Gone du Chaâba (1986), un mouton dans la baignoire (2007), la voix de son maître (2017) et la faute des autres (2017). Il a été aussi Ministre de la Promotion de l’égalité des chances de 2005 à 2007 dans le Gouvernement de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac. Il a été fait Chevalier de la Légion d’honneur en 2005.

l’Antigone d’Or au film « MANUEL » de Dario Albertini (Italie-2017)

Et à Sofia Djama: le 1er Prix Etudiant de la Première Œuvre pour son long métrage « les bienheureux » avec Sami Bouadjila. (France/Belgique 2017)

Après 8 jours d’intenses activités cinématographiques et de projections de films venus de tout le pourtour méditerranéen, accompagnés par des réalisateurs de renom et des artistes prestigieux, Cinemed baisse le rideau après un festival des plus triomphants et un palmarès à la hauteur de ses ambitions.

Présidé par Aure Atika le jury a rendu donc son palmarès au cours d’une belle cérémonie devant un public chaleureux et conquis dans une bonne ambiance où la jeunesse a pris toute sa place pour décerner le Prix de l’Antigone d’Or à « Manuel », le 1er film de l’Italien Dario Albertini. Une histoire qui raconte la sortie de l’orphelinat d’un jeune homme de 18 ans, rôle porté à l’écran avec authenticité et justesse par Andréa Lattanzi, raflant par ailleurs un autre prix: le Prix Nova Award. Après la Tunisie, le Maroc, c’est l’Algérie cette année qui avec sa jeune et nouvelle garde bouillonnante du cinéma venue en force avec de nombreux films inédits qui était la plus en vue et courtisée dans ce festival. Pas moins de 15 réalisateurs et comédiens professionnels aguerris sont venus témoigner par leur travail du renouveau du cinéma algérien qu’ils veulent coûte que coûte sortir de l’ombre. Le jury a octroyé une distinction particulière  à l’occasion de l’Antigone d’Or au film » les Bienheureux » de Sofia Djama qui vient confirmer avec brio son talent de réalisatrice avec le Prix Etudiant de la Première Œuvre. Le même prix qu’elle a déjà reçu à Namur en Belgique ainsi que le Brian Award attribué à son film, le Prix Lina Mangiacapre récompensant l’œuvre pour l’image des femmes au cinéma, autres prix qui lui ont été décernés à la 74è Mostra de Venise tout récemment avant Cinemed.

Dans son film les bienheureux avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Lyna  Khouidri, Sofia Djama nous transporte à Alger quelques années après la guerre civile où un couple d’algérois va fêter son 20è anniversaire de mariage au restaurant. Durant leur trajet, ils viennent à évoquer leur Algérie et l’avenir de leurs enfants dans un pays qui peu à peu se referme sur eux et voit leurs espoirs s’évanouir. D’où une certaine désillusion qui va s’installer et laisser libre cours à leurs rêves inachevés. Un récit s’inspirant d’une nouvelle que Sofia Djama a  écrite en 2008. Ce film sortira en salles dès le 13 décembre 2017.

Le jury a parmi d’autres récompenses attribuer une aide financière   importante sous forme d’apport de post production à Damien Ounouri réalisateur franco-algérien, qui a réalisé KINDIL en 2016 et s’est distingué pour son projet de film « La Dernière Reine » qu’il a coécrit avec Adila Bendimerad scénariste algérienne qu’il portera bientôt à l’écran.

L’Algérie avec sa « nouvelle vague de cinéastes » a marqué d’une pierre blanche ce festival auquel le public de Montpellier et de l’Agglomération lui a rendu un hommage bien mérité. Incarnant la mémoire du cinéma algérien tout en s’inspirant de l’actualité du moment de leur pays avec des films remarquables et un talent tout neuf. Restant  bien déterminée à jouer de grands rôles à l’avenir dans l’actorat, la réalisation et la production. Cinemed peut s’enorgueillir cette année pour ce choix judicieux de l’Algérie qui a apporté un ton plus triomphant et enrichissant, presque inédit au festival aux côtés  du  film »Razzia » de Nabil Ayouch qui a eu l’honneur d’ouvrir cette 39è édition et recevoir un accueil lui aussi retentissant. Tout a été programmé pour faire de ce festival, un lieu où la femme, la jeunesse sont au cœur de nombreux films, longs ou courts métrages et  autres documentaires, italiens, espagnols, turcs, grecs ou libanais par exemple, poursuivant son attachement à inviter par ailleurs quelques grandes pages du cinéma algérien avec cette fois- ci 15 films de Merzak Allouache. Cet immense réalisateur à qui une rétrospective lui a été dédiée et que le public jeune et moins jeune de Montpellier a eu grand plaisir à découvrir ou à revoir dans ce patrimoine de films algériens. Un travail qu’accompli Cinemed et que le circuit commercial ne prend pas souvent en compte comme le cas de deux films » Madame Courage et Enquête au Paradis »de Merzak Allouache qui n’ont pas trouvé de distributeurs au jour d’ aujourd’hui .

Autre prix couronnant un autre succès dans la compétition documentaires avec le Prix Ulysse CCAS Montpellier méditerranée Métropole à « Off frame ou la Révolution jusqu’à la Victoire » de Mohamed Yaqubi (Palestine/France 2016) où il est question d’un ancien mineur devenu artiste et activiste, en utilisant l’art à sa manière veut empêcher les autorités locales de détruire les bâtiments historiques de sa ville Petrila.

Comme il est de tradition à Cinemed, et en soirée de clôture après le Palmarès a été présenté en avant première le film époustouflant « Plonger » (2017) avec Pierre Lelouche et Maria Valverse. Le 3è long métrage de Mélanie Laurent qui va bientôt sortir sur les écrans.

Un autre moment de cinéma grâce à Cinemed, prodigieux celui là, avec le film » La Villa » de Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, Pierre Daroussin et Robert Meylan que le grand public de Montpellier a découvert en avant première programmée par Cinemed, présenté par l’auteur et son équipe au Corum et au cinéma Diagonal à guichets fermés et devant la presse du festival. Un film dont le succès est déjà annoncé au vu de l’accueil qui lui a été réservé dans ces deux projections. Un film aux images sublimes, autour d’un récit familial tourné par des acteurs brillants à Marseille, du côté de l’Estaque,  raconté et axé sur des valeurs de famille et au centre desquelles se joue la relève dans cette famille. L’arrivée et l’accueil dans les lieux de migrants va alors questionner l’auteur. Un thème cher à Robert Guédiguian qui par la profondeur de sa vision et de son laborieux génie va révéler au récit son côté humaniste et attachant qui pose les vraies questions sur la société actuelle. Un film qui parle aux gens, qui parle au monde et du lien entre les hommes. Sortie du film en salles le 29 novembre.

Comme il est de tradition à Cinemed, et en soirée de clôture après le Palmarès, a été présenté en avant première le film époustouflant ‘Plonger » de Mélanie Laurent avec Pierre Lelouche et Maria Valverde. Le 3è long métrage de la réalisatrice qui va bientôt sortir sur les écrans.

JACKY NAIDJA

 

A Cinemed Montpellier, Merzak Allouache en invité d’honneur est venu présenter son importante filmographie (15 films) et non des moindres et participer aux masters class cinéma pour porter à la connaissance d’un auditoire très nombreux de jeunes lycéens son expérience du cinéma et sa pratique en tant que réalisateur.

Cinemed 2017 lui consacrant en effet une belle rétrospective de toute sa filmographie depuis ses tout premiers films. Une œuvre majeure avec laquelle il a traversé l’Algérie et toute sa société, continuant encore jusqu’à aujourd’hui de l’observer encore à travers tous ses mouvements sociaux et culturels, avec des allers retours entre la France où il réside et l’Algérie qu’il porte toujours dans son cœur où il a constamment trouvé sa vraie source d’inspiration.

On connait le génie de ce cinéaste sorti de l’IDHEC Paris après des études à l’Institut du Cinéma d’Alger, qui a emballé le public algérien avec le film « Omar GATLATO » en 1976. Une comédie burlesque sur la jeunesse de cette époque qui reste en mémoire de plusieurs générations, présenté avec succès à Cinemed cette semaine. Puis en 1978 avec un 2è film : « les aventures d’un héros » qui a vu sa carrière prendre son envol et relancer ses tournages dans des réalisations à succès comme « Bab El Oued City » (1994) Salut « Cousin » (1996), « Chouchou » (2002) avec Gad El Maleh et Alain Chabat ou encore Bab el Web (2004) avec Sami Naceri et Julie Gayet. Il n’en demeure pas moins que pendant un certain temps, il a aussi beaucoup contribué à la réalisation de courts métrages et de documentaires pour la télévision algérienne pour garder ce lien sacré avec le 7è art. Cela lui a valu d’ailleurs de grands mérites sans toujours de la vraie reconnaissance. Mais toujours alerte sur les moindres signes sur la société algérienne, gardant de là où il est un œil toujours braqué sur ses mœurs, ses coutumes depuis ces événements sanglants de cette décennie noire qui n’a épargné personne, encore plus les cinéastes et les journalistes dont il reste un des premiers grands témoins. Depuis 2012, il est à la manœuvre pour la réalisation de films en tant qu’indépendant où rien ne lui échappe, ni la comédie ni le drame. Comme dans « Normal » (2012), le film qu’il a lui même réalisé et produit. » La Baie d’Alger » (2012), » le Repenti » (2012), » Les Terrasses » (2013) », « Madame Courage » (2015) » ou encore « Enquête au Paradis » (2016) pour qui il a une certaine affection. Un film d’investigation sur une enquête de journalistes en Algérie traitant la propagande extrémiste, le salafisme et l’appel au Djihad au Maghreb et au Moyen Orient et surtout les causes qui motivent les jeunes à s’enrôler dans des groupes djihadistes pour exécuter des attentats suicides. Un film choc pour certains, et qui relate une certaine vérité pour d’autres. D’où cette équivoque qui enfreint sa distribution encore aujourd’hui.

Ces 2 films « Enquête au Paradis » (qui sera en compétition lors du 21è festival du film arabe de Los Angeles (USA) qui se tiendra au 27 au 29 Octobre prochain) ainsi que Madame Courage » n’ont pas trouvé encore à ce jour de distributeurs ce jour, devait nous avouer Merzak Allouache déçu. Se disant par ailleurs fort pessimiste quant à l’avenir du cinéma algérien qui ne décolle pas vraiment malgré un regain de renouveau porté par de jeunes cinéastes.

Merzak Allouache demeure cependant celui à la brillante carrière qui a découvert Gad El Maleh avec lequel il a réalisé 3 bons films et dont il en tire une certaine fierté, tant de sa propre expérience que de son autre manière de faire du cinéma Algérien.

De Montpellier, JACKY NAIDJA

 

 4 QUESTIONS DE Reporters.dz A MERZAK ALLOUACHE

1/ Reporters.dz: Où en êtes-vous avec le cinéma aujourd’hui?

 Merzak Allouache: Comme vous le voyez je suis toujours passionné par le cinéma et ma présence à Cinemed que je fréquente depuis mon tout début de carrière prouve aussi ma fidélité à son festival dont j’ai bénéficié de toute son aide. Je continue à produire des films sur des sujets tirés souvent de tout ce que je vois, je perçois en Algérie comme dans mes deux derniers films de Madame Courage ou Enquête au Paradis qui n’ont pas trouvé au jour d’aujourd’hui des distributeurs depuis 2012 pour le 1er et 2015 pour le second. N’allez pas chercher loin, ils n’ont pas reçu encore de visa pour être sur les écrans en Algérie. C’est dire toute les difficultés que les réalisateurs comme moi rencontrent face à des organismes de cinéma étatiques complètement absorbés par l’administration et la routine. Je suis et reste dans une grande frustration.

2/ Reporters: D’où viennent alors ces carences?

Merzak Allouache: Elles viennent tout simplement de ce côté administratif lourd, routinier lié au fonctionnement Ce qui me rend beaucoup plus pessimiste sur l’avenir du cinéma dont on attend beaucoup et notamment sur cette jeunesse un peu « orpheline » bafouée par la décennie noire, pas beaucoup formée ou alors sur le tas, qui a des projets de films, qui travaille et qui n’y arrive pas à cause de certains blocages certains. Car on fonctionne comme il ya quarante ans, avec les mêmes méthodes, avec le même environnement. Et cet environnement là, le plus proche du cinéma et des gens du cinéma, ne me plait pas du tout. Je le dis en toute sincérité. Les films c’est comme les livres, ils sont faits pour être vus et lus. Cela dépend le plus souvent de l’aide financière que l’on attribue à tel ou tel projet de film. Et cette aide tarde le plus souvent à venir au point de décourager les bonnes volontés. Après l’indépendance, on était dans la censure, avec des cinéastes « fonctionnaires » de l’Etat qui produisaient ou pas mais qui étaient payés. Aujourd’hui c’est un autre monde avec le numérique et Internet où on a en Algérie des cinémas complètement abandonnés, désaffectés et c’est à peine qu’on commence à faire un travail dans cette direction qu’on aurait dû entamer il y a quarante ans. Un public de plus en plus éloigné des salles obscures, qui ne suit pas et pour ceux qui font des films, l’argent ne vient pas, en tous cas, pas là où il faut. C’est que le cinéma n’est pas une vraie priorité.  Il y a ce cinéma de guerre de libération qu’on aide beaucoup, ce cinéma de films du mois de ramadhan aussi qui se créent ici ou là à la va vite et qui sont aidés ou encore ces grands événements comme celui de Constantine Capitale Arabe avec d’autres films de célébration qui ont engrangé des sommes énormes. Au point qu’on voit une grosse partie de la production de films algériens piratés, duplicates et vendus sur le marché parallèle. Mieux encore des jeunes cinéastes ou vidéastes qui mettent des films sur youtube et ça prospère bien. C’est là aussi une grande responsabilité que l’autorité en place ne prend pas.

3/Reporters: Et votre passage en ce moment à Cinemed Montpellier?

Merzak Allouache : Voyez-vous, j’en suis très fier et heureux d’être là à Cinemed pour échanger, écouter ce monde du cinéma y compris les apprenants des lycées classe cinéma qui sont débordants de vitalité et de curiosité. C’est comme ça que j’aime le cinéma, ouvert au monde, à la Méditerranée avec laquelle sans nul doute il va falloir construire un autre avenir, avec l’Afrique aussi et son potentiel énorme de jeunes qui ne demandent qu’à apprendre. Je suis aussi très fier de voir tous mes films projetés dans ce festival devant le grand public de Montpellier qui leur a réservé un accueil chaleureux. J’en suis reconnaissant surtout pour Enquête au Paradis qui a été projeté ici et pas encore en Algérie. Ce même film est en compétition au festival arabe à Los Angeles aux Etats Unis. Je tiens à dire ici toute ma reconnaissance à Cinemed et à ses organisateurs.

4/ Reporters.dz: Quelles sont vos impressions à propos de ce projet de restauration de films engagés par les autorités?

Merzak Allouache: C’est une très bonne initiative et elle était attendue depuis longtemps. Personnellement j’ai 2 films dont Omar Gatlato dans ce cas précis. Attendons de voir avec les labos italiens qui sont en possession de nos archives de films depuis 1982 à 1985 et ceux des labos Eclair qui ont la main sur la conservation de nos archives de films. En tous cas je prends cela comme une avancée positive pour l’avenir de nos films.

PROPOS RECUILLIS PAR JACKY NAIDJA, A MONTPELLIER

MERZAK ALLOUACHE INVITE D’HONNEUR AVEC 15 FILMS DE SA FILMOGRAPHIE

 

Le festival international du cinéma de Montpellier poursuit son long cours depuis 1979, date de la création des » rencontres du Cinéma Italien » qui ont laissé place au nouveau festival dix ans plus tard. Avec cette 39è édition, Cinemed reste incontestablement ce haut lieu de rencontres du meilleur 7è art de la Méditerranée.

Poursuivant inlassablement son œuvre de « passeur » de films entre les cinéastes et les producteurs avec leurs films les plus récents en provenance de toutes les rives de la Méditerranée. De quoi faire de Montpellier aujourd’hui un des plus grands rendez-vous du cinéma en France, le 2è après Cannes.

 

Mais le plus attrayant du festival outre ses multiples événements, c’est son public qui d’année en année est de plus en plus nombreux, faisant preuve d’une fidélité quasi permanente. Un public jeune aussi avec les lycéens et leurs class masters qui envahissent les salles avec toute leur ferveur toujours à la découverte de nouveaux films. Une jeunesse sur laquelle les organisateurs misent beaucoup grâce à leur participation au sein de leur 8è Festival du film lycéen cette année. Sans oublier évidemment les rendez-vous incontournables avec les professionnels du cinéma à ne pas manquer qui réunissent toujours autant de monde. Il y a aussi l’aide conséquente qu’apporte toutes les années le festival au dispositif du développement des projets avec des bourses d’aide à la production cinématographique des réalisateurs méditerranéens. Faisant de Cinemed un partenaire toujours solidaire, bienveillant, ouvert aux autres pays, capable de transmettre aux jeunes générations ces bons moments de réflexion sur le cinéma. C’est tout cela à la fois Cinemed avec en plus son savoir-faire pour veiller au bon déroulement de son festival durant 8 jours, toujours avec l’envie de réussir son organisation placée cette année sous haute sécurité.

Aurélie Filippeti Présidente de Cinemed tenait absolument à faire de ce 39è festival du cinéma de Montpellier « une édition festive » y compris dans la ville, pour accompagner les films venus de tous les horizons de la méditerranée. 1er Pari gagné avec l’Algérie à l’honneur et son public nombreux prêt à faire la fête. Ça valait bien un coup de projecteur sur ce jeune cinéma d’avant-garde avec des films hors des productions officielles et des jeunes réalisateurs aussi talentueux les uns que les autres comme Lyes Salem, Narimane Mari, Karim Moussaoui, Sofia Djama, Hassen Ferhani, Lamine Amar Khodja, Mohamed Yargui, Djamel Kerkar, Amel Blidi, Damien Ounouri, pour ne citer que ceux-là, qui sont en train de faire renaitre de ses cendres le cinéma algérien. Ils seront accompagnés par le grand et incontestable metteur en scène Merzak Allouache, autre symbole du cinéma algérien prestigieux des années 70 qui sera présent également pour une rétrospective et la diffusion de son dernier film « Enquête au paradis » et 15 autres films, les meilleurs de sa filmographie dont Bab El Oued City, la Baie d’Alger, Chouchou, Harragas, les Terrasses ou Madame Courage….

Après la Tunisie l’an dernier, c’est le Maroc encore présent cette année qui sera à l’honneur également lors de la soirée d’ouverture du festival avec en avant-première le film « Razzia » de Nabil Ayouch (France/Maroc/ Belgique). Un film dont on dit beaucoup de bien, qui explore le Maroc à travers la société marocaine, parle des gens en quête de liberté et du droit de penser sur des sujets importants comme le droit des femmes et leur place dans le Maroc d’aujourd’hui. (Sortie en salles Janvier 2018).

Le programme de Cinemed 2017, toujours ouvert sur le meilleur des productions actuelles, fait la part belle à 211 films à l’affiche, dont 11 films en avant première, 9 longs métrages en compétition pour l’ANTIGONE d’Or, des panoramas de 14 courts métrages et 8 documentaires inédits. Au point d’investir tous azimuts les cinémas de la Ville de Montpellier et même ceux hors de la ville et dans toute la périphérie du territoire de la Métropole. Au programme également, une séance spéciale est prévue pour des hommages à Manuel Pradal prématurément décédé en mai dernier, au duo de réalisateurs Olivier Nakache et Eric Tolédano. Un autre hommage sera rendu aussi à l’intégralité de toute l’œuvre de la réalisatrice Dominique Cabrera, construite depuis 30 ans où l’Algérie son pays de naissance tient toujours une bonne place dans ses films. Et en guise de réjouissances, en ciné concert « les lumières de la ville » de Charlie Chaplin avec l’orchestre National de Montpellier. Projection aussi de 4 autres bons films sortis des trésors de la cinémathèque française ainsi que des lectures de scénarios prévues à l’Ecole d’Art Dramatique à la Panacée.

Le jury du festival présidé par Aure Atika, comédienne et réalisatrice aura du pain sur la planche pour distinguer l’unique lauréat à l’Antigone d’Or, tellement la qualité, le talent et le professionnalisme des uns et des autres sont à la hauteur de la compétition.

Et Pour la clôture du festival, sera projeté le dernier film remarquable de Mélanie Laurent « Plonger », une histoire d’amour entre César reporter de guerre et Paz photographe espagnole.

DE MONPELLIER, JACKY NAIDJA

 

ENTRETIEN EXCLUSIF POUR REPORTERS.DZ AVEC AGNES RAMPAL ADJOINT AU MAIRE DE NICE ET CONSEILLERE REGIONALE PACA, PRESIDENTE D’EURO MEDITERRANEE

Agnès Rampal en entretien exclusif

par Pascal Gaymard
16 mai 2014

La Méditerranée et tout particulièrement la France et l’Algérie ont un rôle important à jouer pour faire progresser une nouvelle conception équilibrée de la coopération décentralisée avec plusieurs villes algériennes sur des projets concrets comme l’emploi, la création d’entreprises associées et à renforcer les coopérations existantes.

D’où ce grand chantier lancé avec les autorités algériennes et les maires présents à l’occasion de ces rencontres d’Alger pour un développement de nouveaux partenariats.

Au cours d’un entretien exclusif pour Reporters.dz au CUM (Centre Universitaire Méditerranéen) de Nice, Agnès Rampal Adjoint au Maire à la Ville de Nice, Conseillère Régionale Paca, Présidente de la Commission Euro-méditerranéen à la Région Paca, s’est exprimé sur l’Algérie où elle est née, sa participation à Alger avec la délégation Française conduite par Jean Michel Baylet Ministre de l’Aménagement du Territoire, lors de la 3è rencontre des maires et présidents des collectivités territoriales du 26 mai dernier. Sa vision sur l’Euro-méditerranée, l’avenir des relations France Algérie visant à renforcer les coopérations existantes pour élaborer de nouvelles politiques publiques en matière de coopération décentralisée dans les 5 prochaines années ont été également abordés.

Selon Agnès Rampal: « l’essentiel est de reconstruire de nouvelles relations qui répondraient réellement aux besoins des deux parties et celles-ci en deviendraient principalement les véritables acteurs. »

En tous cas, c’est ce défi qu’ont tenté de relever les maires des deux délégations France- Algérie au cours de ces journées à Alger pour en définir une feuille de route pour l’avenir de cette coopération décentralisée. Et Agnès Rampal de souligner en substance: « combien même certaines propositions apparaissent aujourd’hui difficiles à mettre en œuvre tout de suite, il était nécessaire et même essentiel d’établir de nouveaux liens (rompus depuis 1999 à cause de la décennie noire qu’à connue l’Algérie) malgré une autre rencontre en 2004 pour se parler d’égal à égal. » Agnès Rampal reste persuadée qu’il y a tout à gagner à explorer toutes les voies et les moyens de construire ensemble de bonnes relations dans un intérêt mutuel grâce à des dialogues plus ouverts pour que la Méditerranée redevienne un vrai trait d’union entre les deux pays et leurs peuples.

C’est ce qu’a voulu en outre nous démontrer l’élue de retour à Nice pour annoncer une nouvelle coopération décentralisée basée sur la création d’activités et d’emplois des deux côtés de la Méditerranée avec les associations d’entreprises comme mode d’intervention en associant particulièrement la société civile. Ce qui relève selon elle du tout à fait du possible et réalisable.

Pour plus d’information, retrouvez aussi les questions à Agnès RAMPAL