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Après le Palmarès de Cinemed qui l’a distinguée avec le Prix de la Première Oeuvre, Sofia Djama, réalisatrice du film « les bienheureux » avec Sami Bouajila, Nadia Kaci et Lyna Khouidri, s’est dévoilée à Reporters. Lequel a recueilli ses premières impressions au cours d’un entretien où elle parle de son prix décerné par le jury de Cinemed de Montpellier, de ceux du festival de Namur en Belgique et de la Mostra de Venise qui l’ont couronnée mais aussi de son film qu’elle aime et de l’avenir du cinéma algérien.

 

REPORTERS.DZ : Sofia, Comment tu as accueilli ce prix à Cinemed?

SOFIA DJAMA : j’ai été bien surprise par cette distinction avec cette mention spéciale de l’Antigone d’Or en même temps que le 1er prix Etudiant de la Première Œuvre. C’est énorme! Pour moi c’est une bonne surprise et c’est aussi beaucoup d’émotion. Depuis la projection du film, j’ai senti un certain engouement pour mon film, avec le public nombreux qui venait vers moi pour me parler et cela prouve que le film a touché ce public, aussi bien les jeunes que les plus âgés. C’est un film de rupture, de passation générationnelle. C’est un film tous publics. J’ai cru en ce film et mon distributeur aussi. Mon producteur y a cru également, il a pris le film sur la base d’un scénario, c’est vous dire sa foi et son attachement au sujet du film. Le cinéma est une histoire d’amour et de désamour à la fois. Comment faut-il ne pas aimer ce film pour toutes ces bonnes raisons? Et même s’il avait de mauvaises raisons.

REPORTERS.DZ : Quels premiers retours de la critique presse à propos de ce film? Pour le moment il y a une presse bienveillante. J’ai surtout des échos de la critique en Italie depuis la Mostra de Venise et de bons retours autour de ce film où il a décroché le prix Lina Mangiacapre qui récompense l’image des femmes dans le film ainsi que le Brian Award pour tout le film. D’ailleurs je dois aller à Naples pour récupérer mon prix et j’en saurais un peu plus sur la critique. Et puis il y a eu juste avant, Namur en Belgique avec un autre prix celui du 1er prix de la Première Œuvre, le même que celui de Cinemed Montpellier. Il y a comme un lien de reconnaissance sur la jeunesse de ce film.

REPORTERS.DZ :  D’après toi, quel est l’avenir de ce film?

SOFIA DJAMA : Son avenir est dans les salles de cinéma. J’espère qu’il sera projeté à Alger et que le public l’appréciera. Sa sortie sur les écrans en France est prévue pour le 13 décembre et en Belgique en mars 2018. Je suis et reste optimiste quant à son avenir et son long chemin à travers les salles.

REPORTERS.DZ : Quel nouveau projet à l’avenir? Avec Cinemed par exemple, qui fêtera l’année prochaine le 40è anniversaire de son festival?

SOFIA DJAMA : Je suis venue à Cinemed il y a à peu près 5 ans pour un court métrage. Cinemed est pour moi un lieu mythique et magique à la fois du cinéma, à qui je dois aussi ma reconnaissance. En ce moment, je suis sur un projet d’écriture pour essayer de décrocher une bourse d’aide au développement pour un film et à la recherche également d’un producteur. Le cinéma est ma passion, donc je fais tout pour réussir et revenir à Cinemed. In Chaallah!

REPORTERS.DZ : Comment tu vois l’avenir du cinéma algérien et cette nouvelle génération avec toi bien entendu?

SOFIA DJAMA : Cette nouvelle génération à laquelle j’appartiens bien évidemment est plutôt dans l’action. On est nombreux et on va arriver à faire du bon cinéma car on ne s’encombre pas avec les formalités administratives ou autres obstacles quelconques, de tous genres qui peuvent ralentir nos projets. Je dis peu importe la manière dont on fait les choses pourvu qu’on les fasse avec éthique, déontologie. Car autant moi que tous les autres de cette nouvelle garde du cinéma algérien, nous croyons fort au cinéma et à son patrimoine dont on a aussi le devoir de sauvegarder son patrimoine riche et divers, de le perpétuer, de le transmettre. Ce cinéma appartient à la culture car je suis cinéaste et je crois profondément au cinéma. Et quand on fait de la culture, on fait aussi de la politique et de la résistance. Cela ne m’échappe pas!

REPORTERS.DZ : Et pour ton dernier mot ?

Je voudrais juste dire des remerciements, parce qu’on ne le fait assez ou on oublie souvent de le faire et m’adresser à ces gens qui m’ont aidé, m’ont accompagné tout le long de ma carrière en Algérie et ailleurs et ils se reconnaitront certainement leur bienveillance. Je pense particulièrement à Yassine Teguia qui a porté a bout de bras ce film, à cette valeureuse équipe de casting algérienne, belge et française ainsi qu’à Ahmed Talalemki sans qui le film n’aurait pas existé. Et enfin à Cinemed, ce festival méditerranéen qui permet à énormément de gens qui font du cinéma, qui aiment le cinéma de se rencontrer, d’échanger et de se retrouver toujours quelque part attachés par l’amitié et le dialogue interculturel autour de la Méditerranée. Voilà c’est dit.

Propos recueillis par JACKY NAIDJA

l’Antigone d’Or au film « MANUEL » de Dario Albertini (Italie-2017)

Et à Sofia Djama: le 1er Prix Etudiant de la Première Œuvre pour son long métrage « les bienheureux » avec Sami Bouadjila. (France/Belgique 2017)

Après 8 jours d’intenses activités cinématographiques et de projections de films venus de tout le pourtour méditerranéen, accompagnés par des réalisateurs de renom et des artistes prestigieux, Cinemed baisse le rideau après un festival des plus triomphants et un palmarès à la hauteur de ses ambitions.

Présidé par Aure Atika le jury a rendu donc son palmarès au cours d’une belle cérémonie devant un public chaleureux et conquis dans une bonne ambiance où la jeunesse a pris toute sa place pour décerner le Prix de l’Antigone d’Or à « Manuel », le 1er film de l’Italien Dario Albertini. Une histoire qui raconte la sortie de l’orphelinat d’un jeune homme de 18 ans, rôle porté à l’écran avec authenticité et justesse par Andréa Lattanzi, raflant par ailleurs un autre prix: le Prix Nova Award. Après la Tunisie, le Maroc, c’est l’Algérie cette année qui avec sa jeune et nouvelle garde bouillonnante du cinéma venue en force avec de nombreux films inédits qui était la plus en vue et courtisée dans ce festival. Pas moins de 15 réalisateurs et comédiens professionnels aguerris sont venus témoigner par leur travail du renouveau du cinéma algérien qu’ils veulent coûte que coûte sortir de l’ombre. Le jury a octroyé une distinction particulière  à l’occasion de l’Antigone d’Or au film » les Bienheureux » de Sofia Djama qui vient confirmer avec brio son talent de réalisatrice avec le Prix Etudiant de la Première Œuvre. Le même prix qu’elle a déjà reçu à Namur en Belgique ainsi que le Brian Award attribué à son film, le Prix Lina Mangiacapre récompensant l’œuvre pour l’image des femmes au cinéma, autres prix qui lui ont été décernés à la 74è Mostra de Venise tout récemment avant Cinemed.

Dans son film les bienheureux avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Lyna  Khouidri, Sofia Djama nous transporte à Alger quelques années après la guerre civile où un couple d’algérois va fêter son 20è anniversaire de mariage au restaurant. Durant leur trajet, ils viennent à évoquer leur Algérie et l’avenir de leurs enfants dans un pays qui peu à peu se referme sur eux et voit leurs espoirs s’évanouir. D’où une certaine désillusion qui va s’installer et laisser libre cours à leurs rêves inachevés. Un récit s’inspirant d’une nouvelle que Sofia Djama a  écrite en 2008. Ce film sortira en salles dès le 13 décembre 2017.

Le jury a parmi d’autres récompenses attribuer une aide financière   importante sous forme d’apport de post production à Damien Ounouri réalisateur franco-algérien, qui a réalisé KINDIL en 2016 et s’est distingué pour son projet de film « La Dernière Reine » qu’il a coécrit avec Adila Bendimerad scénariste algérienne qu’il portera bientôt à l’écran.

L’Algérie avec sa « nouvelle vague de cinéastes » a marqué d’une pierre blanche ce festival auquel le public de Montpellier et de l’Agglomération lui a rendu un hommage bien mérité. Incarnant la mémoire du cinéma algérien tout en s’inspirant de l’actualité du moment de leur pays avec des films remarquables et un talent tout neuf. Restant  bien déterminée à jouer de grands rôles à l’avenir dans l’actorat, la réalisation et la production. Cinemed peut s’enorgueillir cette année pour ce choix judicieux de l’Algérie qui a apporté un ton plus triomphant et enrichissant, presque inédit au festival aux côtés  du  film »Razzia » de Nabil Ayouch qui a eu l’honneur d’ouvrir cette 39è édition et recevoir un accueil lui aussi retentissant. Tout a été programmé pour faire de ce festival, un lieu où la femme, la jeunesse sont au cœur de nombreux films, longs ou courts métrages et  autres documentaires, italiens, espagnols, turcs, grecs ou libanais par exemple, poursuivant son attachement à inviter par ailleurs quelques grandes pages du cinéma algérien avec cette fois- ci 15 films de Merzak Allouache. Cet immense réalisateur à qui une rétrospective lui a été dédiée et que le public jeune et moins jeune de Montpellier a eu grand plaisir à découvrir ou à revoir dans ce patrimoine de films algériens. Un travail qu’accompli Cinemed et que le circuit commercial ne prend pas souvent en compte comme le cas de deux films » Madame Courage et Enquête au Paradis »de Merzak Allouache qui n’ont pas trouvé de distributeurs au jour d’ aujourd’hui .

Autre prix couronnant un autre succès dans la compétition documentaires avec le Prix Ulysse CCAS Montpellier méditerranée Métropole à « Off frame ou la Révolution jusqu’à la Victoire » de Mohamed Yaqubi (Palestine/France 2016) où il est question d’un ancien mineur devenu artiste et activiste, en utilisant l’art à sa manière veut empêcher les autorités locales de détruire les bâtiments historiques de sa ville Petrila.

Comme il est de tradition à Cinemed, et en soirée de clôture après le Palmarès a été présenté en avant première le film époustouflant « Plonger » (2017) avec Pierre Lelouche et Maria Valverse. Le 3è long métrage de Mélanie Laurent qui va bientôt sortir sur les écrans.

Un autre moment de cinéma grâce à Cinemed, prodigieux celui là, avec le film » La Villa » de Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, Pierre Daroussin et Robert Meylan que le grand public de Montpellier a découvert en avant première programmée par Cinemed, présenté par l’auteur et son équipe au Corum et au cinéma Diagonal à guichets fermés et devant la presse du festival. Un film dont le succès est déjà annoncé au vu de l’accueil qui lui a été réservé dans ces deux projections. Un film aux images sublimes, autour d’un récit familial tourné par des acteurs brillants à Marseille, du côté de l’Estaque,  raconté et axé sur des valeurs de famille et au centre desquelles se joue la relève dans cette famille. L’arrivée et l’accueil dans les lieux de migrants va alors questionner l’auteur. Un thème cher à Robert Guédiguian qui par la profondeur de sa vision et de son laborieux génie va révéler au récit son côté humaniste et attachant qui pose les vraies questions sur la société actuelle. Un film qui parle aux gens, qui parle au monde et du lien entre les hommes. Sortie du film en salles le 29 novembre.

Comme il est de tradition à Cinemed, et en soirée de clôture après le Palmarès, a été présenté en avant première le film époustouflant ‘Plonger » de Mélanie Laurent avec Pierre Lelouche et Maria Valverde. Le 3è long métrage de la réalisatrice qui va bientôt sortir sur les écrans.

JACKY NAIDJA

 

C’est parti pour Cinemed qui a ouvert grand ses portes pour accueillir à cette occasion et en avant-première le film de Nabil Ayouch « RAZZIA » dont la sortie est programmée pour le début de l’année 2018.

Une ouverture quasi solennelle devant un public nombreux et divers, dans une salle comble du Corum (2.00 personnes) qui a démontré toute sa ferveur plus d’une fois lors de la présentation du film par Christophe Leparc et Aurélie Filippetti en maitres de cérémonie. Des invités de marque comme le Consul d’Algérie à Montpellier et son homologue Consul du Maroc pour représenter leurs deux pays à l’honneur au Festival. Des personnalités prestigieuses du 7è art également avec tout le cortège des producteurs et distributeurs de films et leurs partenaires. Des politiques au 1er rang desquels Philippe Saurel Maire et Président de la Métropole, son adjoint à la culture, entourés de plusieurs élus au milieu d’un public de jeunes lycéens venus des 4 coins de la France pour leur stage pédagogique en classe L cinéma. Un moment de fête tout particulier et chaleureux qu’espéraient les organisateurs pour ouvrir ce 39è festival du cinéma dédié à l’Algérie et au Maroc en accueillant sur la scène Nabil Ayouch réalisateur du film Razzia et Maryam Touzani comédienne et co-scénariste du film, qui est aussi sa femme dans la vie. Un moment de bonheur pour ces deux artistes qui ont accepté d’être là avec leur film par amitié pour Cinemed souligne Christophe Leparc. Très ému mais heureux, Nabil Ayouch a su trouver les mots justes pour dire tout le bien du festival qu’il fréquente depuis une quinzaine d’années et à qui il a rendu un hommage particulier pour l’avoir accompagné durant sa carrière. Un moment d’intense émotion avec des applaudissements à n’en plus finir tant pour lui que pour Maryam qui avec ses mots à elle a dit toute son envie de partager avec le public de Montpellier ce film dont elle tire une forte et grande expérience. Un film qui traverse la société de son pays le Maroc, entre le passé et le présent, à travers un croisement de regards sur cinq personnages, cinq vies en quête de liberté depuis les montagnes du Haut Atlas jusqu’à Casablanca.

Cinemed ne pouvait pas mieux commencer le festival avec le lancement officiel de la compétition des 9 longs métrages pour le 1er prix l’Antigone d’Or qui sera décerné par le jury présidé par Aure Atika, comédienne et réalisatrice. En attendant l’entrée en lice du programme Algérie avec une série de films anciens et nouveaux et leurs réalisateurs qui débutera dès samedi 21 octobre avec la projection de « Cherchez la Femme » de Sofia Djama, dont son dernier film « les bienheureux « est retenu en compétition officielle à Cinemed et à la Mostra de Venise. Projection également de « Cousines » de Lyès Salem et plusieurs de ses films dont « Mascarades et l’Oranais » dont on connait leur succès. Dans plusieurs salles notamment, un panorama des films de Merzak Allouache sont projetés, lequel est par ailleurs attendu dès Lundi pour un point presse. Il est à noter aussi la présence au festival de plusieurs journalistes algériens représentant l’ENTV et autres médias de presse écrite parmi lesquels des étudiants en journalisme et communication invités pour la circonstance. Chaque jour en effet, des acteurs et leurs réalisateurs sont présents à la projection de leurs films et le public attend beaucoup de ces rencontres et échanges de proximité pour parler cinéma. Cela confirme bien la 1ère vocation de Cinemed de découvrir les nouveaux talents du cinéma de tout le pourtour de la Méditerranée mais aussi d’accompagner les réalisateurs du court au long métrage. Et d’être au plus près des lycéens et étudiants pour les aider à porter leurs projets de films.  C’est tout cela aussi Cinemed qui reste une valeur ajoutée au succès de tout le Cinéma français.

De Montpellier, JACKY NAIDJA

L’UNIQUE RENDEZ-VOUS DU CINEMA MEDITERRANEEN DE MONTPELLIER OUVRE SES PORTES DU 20 AU 28 OCTOBRE.

Le Cinemed 2017, par sa longévité et son expérience toute dédiée aux films et à leurs réalisateurs et artistes, est le festival ancré dans le cœur d’un grand public cinéphile de la région qui fait de lui depuis 39 ans un événement incontournable du 7ème art à Montpellier.

Tout le public qui afflue en masse au Corum chaque année saura une fois de plus apprécier sinon savourer 8 jours durant, cette nouvelle programmation « festive » accueillant de nouveaux films de grands réalisateurs et producteurs de tout le bassin méditerranéen. Et cette année comme annoncé et après la Tunisie en 2016, c’est l’Algérie qui sera la fenêtre ouverte sur la Méditerranée avec les meilleures œuvres de jeunes réalisateurs qui sont aujourd’hui cette « nouvelle vague du cinéma algérien comme : Lyès Salem, Djamel Kerkar, Mohamed Yagui, Sofia Djama, Karim Moussaoui, Damien Ounouri, Loubia Hamra, Hassen Ferhani. Merzak Allouache réalisateur hors norme en invité d’honneur sera également présent. Une autre manière pour le festival, de montrer l’image des sociétés actuelles en mouvement dans le cinéma, dans un festival populaire comme celui-ci, engagé pour le rapprochement avec les pays méditerranéens et qui contribue avec force à la promotion du cinéma par la rencontre et la fraternité, l’amitié et l’échange.  Le jury de l’édition 2017 sera présidé par Laure Atika comédienne et réalisatrice de talent. Aurélie Filipetti ex ministre de la culture, Présidente de Cinemed depuis 2016 avec Christophe Leparc comme directeur du festival, grâce à l’action solidaire de Philippe Saurel, Maire et Président de la Métropole de Montpellier mettent tout en œuvre pour que le festival rayonne de toutes ses splendeurs pour atteindre tous ses objectifs avec un sens particulier de la fête au cinéma et à la ville.

JACKY NAIDJA  

         Philippe SAUREL, Aurélie PHILIPPE et Christophe LEPARC

         Contact /Programme et billetterie

         www.CINEMED.tm.fr

Le film de Rachid BENHADJ en compétition au CINEMED

Photo extraite du film l'étoile d'Alger

Cette 38è édition de Cinemed aura le mérite de montrer quelques grands chefs d’œuvre de réalisateurs qui ont succombé à la réalité avant tout. C’est le cas du film « l’Etoile d’Alger » de Rachid Benhadj, tiré du roman d’Aziz Chouaki et sélectionné pour la compétition des longs métrages du festival. Un film plein d’authenticité qui nous ramène dans l’actualité des années 90, cette période noire qu’à traversée l’Algérie.

Ces mêmes années 90 qui ont été prolifiques en romans sur cette période cruciale de l’histoire de l’Algérie au moment où l’horreur s’installait dans l’indifférence totale de l’opinion mondiale pour témoigner du refus de la société de se soumettre pas seulement à l’intégrisme religieux mais aussi au diktat de la violence imposée par les groupes terroristes. Et le cinéma en tant qu’art vivant ne pouvait ignorer cette mémoire blessée, malmenée par l’horreur puis l’oubli. Car beaucoup de cinéastes ont tenté des films sur cette période, mais leurs projets sont restés sans suite aux mains d’une bureaucratie trop frileuse. Il a fallu attendre 15 ans après pour voir renaître un cinéma courageux, ambitieux comme le film « Et maintenant ils peuvent venir » de Salem Brahimi sorti à l’écran en mars 2016. Rachid Benhadj dont le film a été accueilli avec ravissement par le public du festival a déclaré sans ambages « que le scénario de son film était bien prêt depuis 2005 mais qu’il lui a été impossible de le faire aboutir en Algérie et en France sous prétexte que ce n’était pas le moment d’évoquer cette période et qu’il n’intéressait personne ». Et pourtant la résistance de l’auteur a fini par payer et amener le film jusqu’à la compétition à Cinemed cette année.

Quelques mots sur le film « l’Etoile d’Alger »

Ce film dira-t-il est juste l’aboutissement d’un long travail fait d’obstacles et de difficultés de toutes sortes. Dès les premières images dont l’action se déroule dans le quartier emblématique de la Casbah d’Alger où l’auteur a planté son décor pour montrer avec justesse et habileté tous les problèmes sociétaux de ce quartier qui cumule à lui seul la surpopulation, la promiscuité et surtout la pauvreté, ajoutée à la saleté et le manque de loisirs des jeunes qui sont le lot quotidien des habitants. Et de cette humanité bousculée de tous les côtés va émerger une voix douce avec une sensibilité à fleur de peau. Celle de Moussa, jeune musicien qui rêve de devenir le Michaël Jackson d’Alger trop amoureux qui prend des risques pour rejoindre par les terrasses dangereuses sa dulcinée. Des séquences du film avec en arrière plan la mer, qui sont à elles seules représentatives des difficultés qu’ont les jeunes à voyager, se rencontrer, à jouir normalement d’une relation amoureuse dans une société âprement vigilante, pointilleuse et excessive sur la morale des femmes. La nouvelle étoile d’Alger c’est Moussa, musicien à ses heures dans un groupe qui lui permet d’exercer son métier et sa passion et surtout d’en vivre grâce à des soirées de mariages et de baptêmes. les modestes cachets qu’il engrange par ci par là lui permettant d’aider sa famille. C’est sur Moussa partageant une petite chambre avec ses quatre frères que la caméra de Rachid Benhadj va beaucoup plus s’attarder pour montrer les conditions de vie difficiles dans la Casbah d’Alger. Tout de suite, c’est l’image des islamistes qui s’emparent du terrain social pour l’investir à outrance et récupérer tous les déçus du « système » qui les a laissés sur le bas côté de la route ,avec la création du parti du FIS. D’où la confrontation de Moussa avec Abou Ali alias Spartacus, un petit truand qui a trouvé la voie de la rédemption dans la religion. A travers ce personnage analphabète et brutal on découvre la religion confisquée, les dessous d’un mouvement politique qui se sert de la religion pour écraser la société. Rachid Benhadj avec ce film a réussi à restituer par des images fortes toute une époque qui ont basculé l’Algérie dans l’horreur. Et bien plus encore faire rencontrer un artiste musicien dans une époque de violence et d’horreur où la société ne reconnait en rien l’utilité de l’art.

De MONTPELLIER, JACKY NAIDJA P/ REPORTERS.DZ

RACHI BENHADJ: Né en 1950 à Alger. Artiste peintre et diplômé en architecture, il choisit des études de cinéma à Paris et la réalisation de plusieurs longs et courts métrages primé dans de nombreux festivals internationaux comme ses succès : Roses de sables (1989), l’Arbre des destins suspendus(1997), Cantique des Femmes d’Alger (1993), ou le Pain Nu( 2004) adapté du roman de Mohamed Chouikh, Parfums d’Alger (2012) et Maestro( 2014). Avec l’Etoile D’Alger( 2016), Rachid Benhadj réalise un film populaire à succès.

LE FESTIVAL DU CINEMA DE MONTPELLIER OUVRIRA SOLENNELLEMENT SES PORTES LE 21 OCTOBRE.

Festival CINEMED

Avec une avant-première du film « Tour de France » de Rachid Djaidani (France 2016) avec Gérard Depardieu, le festival Cinemed ouvrira officiellement ses portes ce vendredi 21 octobre en présence d’Aurélie Filipetti sa nouvelle présidente et de plusieurs autres invités de marque comme Laetitia Casta, Tony Gatlif, Carlos Saura cinéaste, Miguel Gomez, Valéria Golino, Sergi Lopez ainsi que les réalisateurs Arnaud et Jean Marie Larrieu pour ne citer que ceux là….

Aurélie FilipettiAurélie Filipetti a estimé lors de sa dernière conférence de presse, « pouvoir accompagner avec la Ville de Montpellier, l’expansion de ce festival devenu depuis de nombreuses années, l’événement cinématographique incontournable en France et en Méditerranée en s’imposant comme un « art de vivre » pour en assurer son rayonnement culturel et cinématographique ». Le succès que connait le festival est dû essentiellement à la créativité des cinéastes et surtout à leur talent, mais aussi à toute une équipe rassemblée autour de Christophe Leparc son directeur, chargé au quotidien de la promotion et de la programmation qui s’est donné cette année les moyens de ses ambitions grâce à la multiplication de partenariats et l’apport de financements institutionnels conséquents notamment de la part de la Ville de Montpellier et de la Région. Sans oublier bien entendu les autres partenaires publics et privés comme le CNC qui ont permis une sélection innovante, de plus de 100 films de qualité absolument inédits, tournée vers les nouvelles écritures sur des œuvres d’actualité récentes.

Le cinéma Tunisien à l’honneur

C’est le cinéma tunisien avec 10 films et non des moindres, qui est à l’honneur pour cette 38è édition. Une occasion unique de donner la parole aux réalisateurs tunisiens et à d’immenses talents du jeune et nouveau cinéma de Tunisie, témoins de l’émancipation de cette jeunesse qui ne demande qu’à croire en sa soif de découverte à travers le cinéma et les films.

Laetitia Casta la présidente du jury longs métrages

Laetitia Casta CINEMEDLaetitia Casta, Marianne de France, célèbre actrice et réalisatrice, passée derrière la camera, présidente du jury longs métrages présentera son film « EN MOI » (France 2016) et décernera au cours du palmarès l’Antigone d’Or au meilleur film des 9 longs métrages en compétition parmi lesquels « l’Etoile d’Alger » (Algérie 2016) de Rachid Benhadj le samedi 29 octobre lors de la cérémonie de clôture.

30.000 cinéphiles de tous bords sont attendus au cours du festival reconnu comme le grand rendez-vous du cinéma méditerranéen où vont s’imposer les avant-premières, les compétitions et les panoramas de longs et courts métrages dont plusieurs sont des chefs-d’œuvre, remarquables par leur excellente réalisation. Une cérémonie qui s’annonce exceptionnelle par son mélange des genres et des styles et qui sera aussi l’occasion de décerner de nombreux autres prix mais aussi de rendre un vibrant hommage aux grandes figures du cinéma disparues cette année.

JACKY NAIDJA de Montpellier

Site officiel de Cinémed et article sur le même sujet

PROGRAMME DU VENDREDI 21 OCTOBRE 2016

18h: Festival des jeunes lycéens- Corum: Salle Pasteur. (7 films à voir!)

20h30: Soirée d’Ouverture

Film en avant-première : Tour de France de Rachid Djaidani (France 2016) – Corum: Opéra Berlioz.

 

CINEMED prend son envol avec sa 38è édition du 21 au 29 octobre à Montpellier.

CINEMED Festival du CinémaOuvert officiellement au cours de la conférence de presse hier, le festival tant attendu est « sauvé » comme l’a bien souligné Philippe Saurel, Président de Montpellier Métropole et Maire de la ville. Rappelant son rôle et son identité qui font l’image emblématique de Montpellier depuis 38 ans en tissant tant de liens avec les pays du pourtour de la Méditerranée et particulièrement avec l’apport de ses relations avec les villes jumelées de Barcelone, Fès, Tlemcen, Bethléem, Tibériade, Kos et Palerme.

Conférence de presse CinemedEvénement incontournable du cinéma à Montpellier, CINEMED a toujours traduit le rayonnement du cinéma français et méditerranéen en trouvant sa légitimité dans le succès de son « côté populaire » depuis sa création en 1979. Il a su participer au développement de la création cinématographique et audio visuelle grâce à la multiplication de ses partenariats -publics et privés- notamment avec le CNC et les pays méditerranéens ainsi que la Région en particulier.

Le festival qui draine chaque année des milliers de spectateurs de tous âges et de tous horizons bat des records d’audience d’année en année à la faveur d’une programmation ambitieuse et sans cesse renouvelée.

Intervention FilipettiIntervention Christophe LeparcAvec Aurélie Filipetti ancien ministre de la Culture, nouvelle présidente de CINEMED et Christophe Leparc directeur du festival à ses côtés, Philippe Saurel entend poursuivre avec le festival du cinéma une politique audiovisuelle de qualité ancrée autour de spécificités fortes en direction des pays de la Méditerranée, avant tout un espace de paix, de coopération, de dialogues et de partage.

Henri Talvat cofondateur du festival et désormais président honoraire du festival continue de contribuer fortement à son rayonnement en mettant toute son expérience au profit de l’activité cinématographique du festival jusqu’à considérer que cette édition est la 2è naissance de CINEMED avec tout ce mélange entres les découvertes, l’histoire et la culture du cinéma.

CINEMED et Montpellier, terre de cinéma

CINEMED et Montpellier, terre de cinéma, avec une programmation de plus d’une centaine de films à l’affiche et des rétrospectives vont donc offrir au public pendant 7 jours le meilleur du 7è art.

Une programmation dans laquelle les habitués du festival se retrouveront aux côtés d’acteurs et réalisateurs de renom, entre valeurs sûres et jeune garde en lien avec les films en partage.

Largement soutenu par la Région Pyrénées Méditerranée qui une fois de plus lui apporte cette année un financement non négligeable en partenariat avec le CNC (et son aide aux cinémas du monde) grâce à son volet distribution, vont permettre au festival de se maintenir à un excellent niveau de qualité. Un budget annoncé en hausse avec 30.000 euros de plus que l’an dernier soit 1 million 100.000 euros au total qui peut en conséquence permettre au festival un meilleur fonctionnement.

Cette 38è édition mettra à l’honneur le Printemps du cinéma Tunisien et sa jeune génération de réalisateurs talentueux avec des films d’avant garde, témoins de l’émancipation de cette jeunesse pertinente dans une démocratie naissante où la culture tient une place prépondérante en présence de la dessinatrice bien connue Nadia Khiari et Willis son matou.

Le festival s’ouvrira le vendredi 21 septembre par une soirée consacrée à une avant-première au film « Tour de France » (France 2016) de Rachid Djaïdani avec Gérard Depardieu. Et de poursuivre jusq’au 29 septembre par une soirée de clôture consacrée au film « En Moi » de Laëtitia Casta prestigieuse actrice passée derrière la caméra, présente au festival pour présider le jury de l’Antigone d’Or avec Farid Bentoumi réalisateur, Loubna Abidar comédienne et Yvon Gonzalez réalisateur et Maud Adeline scénariste. Une compétition de 9 films en long métrage parmi lesquels « l’Etoile d’Alger » (Algérie 2016) de Rachid Benhadj.

Un festival entièrement dédié au tout public avec des invités de talent comme Sergi Lopez, les frères Larrieu et tant d’autres encore. Des hommages également attendus seront rendus à Ronit Elkabetz actrice du nouveau cinéma israélien disparue cette année sans oublier Abbas Kiarostami autre maitre du cinéma iranien disparu lui aussi cet été.

DE LA CREATION A LA TRANSMISSION

CINEMED, c’est tout un panorama d’Avant-premières, de films, longs (9 films) et courts métrages (23 films), documentaires (8 films) en compétition) qui tirent avant tout leur tradition cinématographique du cinéma méditerranéen en particulier, à l’exemple de l’Italie avec Ettore Scola ou l’Egypte avec Youcef Chahine à la faveur de leurs innombrables créations confrontés aujourd’hui avec le jeune et remarquable cinéma tunisien. C’est aussi l’exemple de la place de la femme en méditerranée de Loubna Abidar, harcelée dans son pays pour son rôle d’actrice de cinéma.

L’essentiel du cinéma au festival, c’est également le « Filmer en Région » Occitanie/Pyrénées -Méditerranée, qui permet à CINEMED chaque année de montrer une sélection de films récents produits et tournés en région grâce au financement de l’institution régionale. Autres événements et temps forts à l’affiche de ce festival, riche et dense à la fois : des expositions, des rencontres avec les réalisateurs et les acteurs, le festival des jeunes lycéens qui tient toujours une grande place dans ce festival. La journée des métiers du cinéma et de l’audiovisuel et des professionnels, mais aussi la bourse d’aide au développement que le festival propose aux réalisateurs depuis 26 ans.

C’est sans compter sur le travail collectif, laborieux et solidaire de toute l’équipe de CINEMED autour du festival sans qui il n’existerait pas qui a depuis conquis plusieurs générations de cinéphiles.

Site officiel de Cinémed

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