LE CORONAVIRUS ET L’ABSTENTION S’INVITENT AU SCRUTIN DU 1ER TOUR DES ELECTIONS DU 15 MARS.

Dans un contexte mondial marqué par l’épidémie du coronavirus, les élections municipales auront quand même lieu ainsi que l’a décidé le gouvernement. Apportant les mesures indispensables à leur bon déroulement avec mise à disposition de moyens suffisants pour parer aux contaminations. Il faut aussi compter avec l’abstention (on parle de plus de 35%, 4 électeurs sur 10) qui s’invite dans ces élections et qui peut bousculer les données des estimations ou autres sondages attendus. Ira-t-on vers une mobilisation des citoyens lors de ce 1er tour traditionnellement bien suivi dans ces élections municipales ? Ou bien verra-t-on des bureaux de vote sans beaucoup d’électeurs et des urnes à moitié vides?

Malgré toutes les précautions prises et les facilités mises en place en faveur du vote par procuration, il n’est pas dit que l’affluence vers les urnes sera importante tant l’inquiétude chez les citoyens est grande devant le nombre élevé de malades contaminés, plus de 1.000 cas, en nette augmentation depuis cette dernière semaine où l’on signale un nombre de décès toujours en pointe alors que les autorités sanitaires ont laissé entendre se préparer au 3è, entre détresse et confinement. A Aix en Provence, la campagne tire vers le 1er tour et une certaine inquiétude est nettement visible dans l’entourage des appareils des partis en lice pour le 15 mars. La gestion de l’entre deux tours des municipales reste perçue comme un moment à haut risque et difficile à affronter face à cette crise inédite. Les meetings prévus sont annulés et certaines réunions publiques prévues sont retirées   en cascade. Entre le coronavirus et l’abstention, qui devrait profiter plutôt aux sortants, c’est la complexité des alliances du 2è tour qui va poser problème et redistribuer les cartes  pour les forces politiques en présence qui en font un enjeu majeur. Chez les LR tant à Marseille qu’à Aix, la division dans leurs rangs avec 2 listes concurrentes en course peut leur porter un mauvais coup et créer bien  des surprises. Chez les LR de Maryse Joissains à Aix en Provence, on sait déjà que Jean Marc Perrin son ex- adjoint et désormais adversaire s’est exprimé sur ce sujet pour dire « sa déception de voir Maryse Joissains investie à sa place par son parti les LR, malgré les lourdes charges qui pèsent sur elle. Et de préciser qu’il n’ y aura pas de rapprochement possible avec elle et que le divorce est bien consommé ».

Elle ne peut donc  que compter sur le Modem de Bayrou avec Mohamed Laquila, cet allié de circonstance pour une alliance préméditée et annoncée en début de campagne à condition que son score au 1er tour dépasse les 10%. Ce qui s’annonce peu probable et difficile devant les multiples défections observées dans ses rangs et chez les habitants des quartiers Ouest, dans cette 11è circonscription où le RN tient une bonne place. Son dernier meeting au Pasino au vu des  chaises vides  laisse croire qu’il n’est pas assez populaire.  LREM avec Anne Laurence Petel n’espère aucunement une alliance avec le clan Joissains  tant elle l’a dit, redit et confirmé depuis le début de sa campagne, aspirant nettement au renouvèlement des pratiques dues au système Joissains et attend donc le 1er tour avec sérénité après une campagne visible et audible pour parler d’alliances possibles avec ceux compatibles LREM. Et il y en a trois au moins d’après elle.

Elle n’exclut pas d’ailleurs que des contacts préliminaires ont déjà eu lieu.  Marc Pena tête de liste d’ Aix en Partage, une liste d’union de la gauche à l’exception de EELV espère quant à lui rallier les déçus de Maryse Joissains et de Macron ainsi que les abstentionnistes dans les quartiers populaires d’Aix-Ouest (Jas de Bouffan, Corsy et Encagnane). Stéphane Salord Verts Aix avec Génération Ecologie, dans une dynamique forte est sur un programme d’alternance participatif dirigé plus vers l’humain et appuyé sur la citoyenneté, reste droit dans ses bottes jusqu’au 1er tour pour décider des alliances possibles. Tout le contraire de EELV à sa tête Dominique Sassoun dont il conteste l’alignement et la complaisance peu discrète pour une future alliance avec Maryse Joissains. En tous cas bien qu’esseulé, la tête de liste EELV  avec toutes  ses ambitions, laisse  à croire qu’il veut  continuer de mener une campagne qui s’appuie plus sur les résultats européens d’EELV que sur l’écologie locale qu’il veut transversale avec la santé et lui comme médecin chirurgien se voyant déjà au 2è tour.

Le Rassemblement National et  Nathalie Chevillard entendent bien dans le secret de leur lutte partisane carrément silencieuse, mener une campagne centrée sur la sécurité d’abord, le logement et les transports dans une ville où ils peuvent toujours nuire aux autres listes, tout en restant opposés à Maryse Joissains.  Il n’en fallait pas plus pour ajouter de l’inquiétude à l’inquiétude au point de  faire perdre le tournis aux électeurs les plus avertis dans cette campagne à soubresauts.

Courte certes, pas davantage emblématique, contrainte par le coronavirus et l’abstention qui s’annonce, mais qui ne restera sûrement pas dans la mémoire des aixois comme une  vraie bataille d’idées pour l’avenir de leur ville. Au point que le staff de Maryse Joissains, bien que plombée par ses affaires judiciaires, se prend à croire comme en un poker menteur en une victoire sans précédent avec un certain goût de l’espérance tout de même amer.

Il est bon de signaler qu’aucun maire d’Aix  n’a fait un 4è mandat successif. Seul le miracle à l’exemple de la décision de son pourvoi peut sauver Maryse Joissains, bien qu’elle reste condamnée et obligée dans un 3è tour judiciaire à retourner devant ses juges après les élections, quand la justice pénale aura repris d’ici là son cours Cela relève d’une  toute autre affaire à suivre…                                                                      

 JACKY NAIDJA

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