L’ANTIGONE D’OR DE CINEMED ATTRIBUE A UN DUO DE FILMS : SOLO (ITALIEN) ET STITCHES (SERBE)

 « ABOU LEILA » (ALGERIE-FRANCE) de AMIN SIDI BOUMEDIENNE* DECROCHE  LE PRIX DE LA CRITIQUE BNP/PARIBAS.

Antigone d'or, prix Cinemed 2019

l’Antigone d’Or, récompense suprême du Festival du cinéma de Montpellier (Prix Cinémed) doté de 15.000 euros, a été attribué cette année à 2 films ex aequo, l’un SOLO  de Carlo Sironi et l’autre STITCHES de Miroslav Terzic lors de la cérémonie du Palmarès de Cinemed 2019 qui a eu lieu hier à l’Opéra Berlioz du Corum de Montpellier superbement archi comble.

Le jury présidé par Julie Bertucelli entouré de Yaël Fogiel, Caglia Zencerci, Karim Moussaoui, Shain Boumedine, a récompensé les meilleurs d’entre eux parmi dix auteurs de films retenus dans la compétition officielle « Longs Métrages ». Un jury complètement bouleversé pour traduire cette belle soirée de palmarès en perspective, grandiose et éclectique à la fois préparée avec soin et présentée par Pierre Zéni qui a mis tout son talent de fin connaisseur de cinéma à Canal Plus pour se mettre à la hauteur du grand public présent, enthousiaste comme à son habitude.

Un sacré voyage à travers le pourtour méditerranéen

Ce premier prix de 15.000 euros attribué chaque année par le festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier fête sa 41è année d’existence avec 200 films programmés dans cette édition. En traversant un sacré voyage à travers les pays de tout le pourtour méditerranéen, grâce notamment à l’œuvre reconnue de ce festival de Montpellier qui ne cesse d’apporter son immense contribution au rayonnement mondial du cinéma français. De « Abou Leila » réalisé par Amin Sidi Boumediene (Algérie) en passant par « le Madre » de l’espagnol Rodrigo Sorogoyen (Espagne) ou encore « Sole » de Carlo Sironi (Italie) pour ne citer que ces films, tous ont eu une histoire à raconter pour porter un cinéma créatif, diversifié, saisissant, marqué la plupart du temps par une forte imagination avec des acteurs qui transcendent le récit, où la résistance et l’amour ont été quasi présents. Un cinéma qui invite au dialogue entre tous les pays, qui sert aussi à agiter les consciences. Cinemed 2019 en est un exemple par son engagement à présenter des films résistants et politiques dans cette édition exceptionnelle, engagée politiquement, dont leurs auteurs ont revendiqué à haute voix leurs combats au delà de leurs images. Tout comme le Président de Cinémed Léoluca Orlando, Maire de Palerme dont l’accueil des migrants dans sa ville est un combat de tous les jours. Ou encore Costa Gavras invité à Cinemed avec son dernier film « The Adults in the Room » à la première de l’ouverture du festival. Un film de combat aussi qui retrace l’histoire poignante de son pays , dans la crise financière à travers les coulisses de l’Europe qui ont plongé la Grèce dans une  crise sans précédent. Sans oublier Robert Guediguian de retour à Cinemed avec « Gloria Mundi » 2019, tourné à Marseille avec Ariane Ascaride et les mêmes acteurs bien connus de tous ses films. Une histoire de famille recomposée, puissante par ses acteurs comme a su la traduire en images Robert Guediguian. Gloria Mundi présenté à la Mostra de Venise cette année, a reçu le Prix d’interprétation féminine pour Ariane Ascaride dans un rôle plus qu’authentique. Puis est intervenue une autre récompense par le Prix Etudiant qui a plébiscité « Deux » par deux prix, le film de l’Italien Philippo Meneghetti, tourné à Sommelières et Montpellier. Une réalisation centrée sur deux retraitées amoureuses l’une de l’autre, dans des rôles sublimes de deux bonnes voisines avec Barbara Sukolowa et Martine Chevalier, jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer. Quant au jury Grand Public du Midi libre très attendu, il a fait le choix de « 1982« , un film du libanais Oualid Mouaness qui a filmé l’invasion de Beyrouth par l’armée israélienne à travers le regard de jeunes écoliers où l’amour est également présent avec ce moment émouvant de la déclaration d’amour de Wassim à Joanna.

Le Prix Cinémed de la Critique

Abou Leila, prix cinémed 2019Mais la grande et bonne surprise est venue de l’accueil du Prix de la Critique qui a fait le choix du film « Abou Leila » de Amin Sidi Boumediéne (Algérie) que tout le monde voyait au firmament des récompenses. Une réalisation dans l’Algérie de 1994 où deux amis d’enfance vont traversé le désert à la recherche d’Abou Leila, un terroriste dangereux. Le Sahara n’étant pas encore touché par cette vague d’attentats de la décennie noire. Leur poursuite semblait à priori assez absurde, sauf que seul l’un des deux amis dont la santé mentale est déficiente en est convaincu. L’autre, Lotfi n’avait qu’un projet en tête celui d’éloigner le plus possible son ami de la Capitale Alger. Et pourtant c’est en s’enfonçant de plus en plus dans le désert qu’ils vont devoir se confronter à la réalité de leur propre violence. Amin Sidi Boumédiène, appelé à recevoir ce prix qui l’honore, surpris et tout ému, a adressé d’abord un premier message à l’Algérie et à son peuple qui manifeste dans la rue chaque vendredi pour la 36è fois depuis le 22 février pour la liberté et la démocratie. Et puis un 2è message encore plus fort à l’endroit de tous les détenus politiques en Algérie à l’occasion de ces manifestations, avant de dire « son honneur de recevoir ce prix comme ultime reconnaissance de son travail par la profession, le public (qui l’a longuement ovationné) et par Cinemed dans ce festival atypique » où la jeunesse est fortement représentée à travers les lycéens de plusieurs régions de France.

Le « Madre » autre réalisation de Rodrigo Sorogoyen avec une mention spéciale, qui raconte l’histoire d’une femme complètement détruite par la perte de son garçon et qui tente de se reconstruire auprès d’un jeune ado de l’âge de son fils. Enfin, le Prix Cinémed Ulysse du meilleur documentaire qui revient à « Collective » d’Alexandre Nanau. Un documentaire à la hauteur de son ambition. Tout un cinéma ancré dans la réalité de la Méditerranée, traversée par de nombreuses œuvres culturelles, sociales et politiques qui interpellent de nombreux publics à chaque année du festival Cinemed.

De Montpellier, JACKY NAIDJA AVEC INES ILIANA

*AMIN SIDI BOUMEDIENNE :

Amin Sidi-BoumédièneNé en 1972, était étudiant en chimie avant d’entamer des études de cinéma au Conservatoire libre du Cinéma Français à Paris dont il  en sort diplômé . De retour en Algérie en 2008, il est d’abord assistant réalisateur avant de concevoir son 1er court métrage en 2010 « Demain Alger 2 ». Puis un 2è court métrage « LÎle, tourné à Alger en 2012  primé  au festival d’Abou Dahbi. Après « Sérial » en 2014,( un court métrage autoproduit), il vient à réaliser son 1er Long métrage « Abou Leila » qui lui vaudra une sélection à la Semaine de la Critique à Cannes et  le prix de la Critique au festival méditerranéen à Montpellier de 2019 au cours de sa 41è édition.

PALMARES DU 41è FESTIVAL CINEMED DE MONTPELLIER

Palmares complet

LONGS METRAGES :

ANTIGONE D’OR DE MONTPELLIER MEDITERRANEE METROPOLE (15.000 euros)

Exequo : SOLE  de Carlo Sironi et STITCHES de Miros

MENTION SPECIALE  : MADRE de Rodrigo Sorogoyen

PRIX DE LA CRITIQUE BNP PARIBAS : (2.000 euros)

ABOU LEILA : de Amin Sidi Boumédiène

PRIX DU PUBLIC MIDI LIBRE (2.000 euros) et PRIX DE L’ETUDIANT (1.500 EUROS)

DEUX de Philippo Menghetti

PRIX JEUNE PUBLIC DES ACTIVITES SOCIALES DE L’ENERGIE

1982 de Oualid Mouaness

PRIX JAM DE LA MEILLEURE MUSIQUE ( 1.200 euros)

Ahmed Mostafa Saleh Compositeur

COURTS METRAGES :

Grand Prix du Court Métrage Montpellier Métropole (4.000 euros)

Je serai parmi les amandiers de Marie le Floch (Belgique France)

Mention Spéciale à HAVANA CUBA d’Andrei Hutuleac(Roumanie)

PRIX CINEMED DU PUBLIC DE LA GAZETTE-TITRA FILMS (1.000 euros)

ANTXONI de Ruben Sainz (Espagne)

PRIX DU JEUNE PUBLIC VILLE DE MONTPELLIER (2.000 euros)

Le CHANT D’AHMED de Fouad Mansour (France)

MENTION SPECIALE à FATUM DE MOHAMED ALI  NAHDI (Tunisie)

PRIX CANAL PLUS (décerné par l’équipe de programmes de Canal+ ):

HOLY FAMILY de Margarida Lucas (Espagne)

DOCUMENTAIRES :

PRIX ULYSSE MONTPELLIER METROPOLE (3.000 euros)

COLLECTIVE d’Alexandee NANAU (ROUMANIE)

MENTION SPECIALE à HONEYLAND de Ljubomir Stefano et Tamar Kotevska (Macédoine du Nord)

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