SUFFIRA -T-IL A DEUX HISTORIENS EXPERTS DE VENIR A BOUT  D’UN TRAVAIL MEMORIEL ENTRE LA FRANCE ET L’ALGERIE OUBLIE DEPUIS LONGTEMPS ?

Benjamin Stora du côté français, historien et écrivain et Abdelmadjid Chikhi, directeur des Archives nationales algériennes côté algérien, forment désormais un binôme appelé a travailler ensemble sur les questions mémorielles entre l’Algérie et la France dont on attend la vérité, toute la vérité.

Un travail scrupuleux, fruit de l’histoire coloniale et compliquée entre les deux pays, qui sera suivi attentivement par les deux présidents Tebboune et Macron.

L’on sait déjà que la question des archives coloniales entre les deux pays est depuis longtemps essentielle dans la relation passionnelle et envenimée par ce dossier suspendu depuis longtemps entre les deux pays, tant du point de vue économique que politique. Il était temps selon le Président algérien « d’ouvrir cette nouvelle page, pour affronter ces événements douloureux et que se dessine un avenir plus apaisé et plus durable attendu des deux côtés de la Méditerranée ».

Outre ce sujet, Il y a aussi le dossier des disparus (on parle de 2.200 cas) d’après Alger, durant la guerre d’indépendance (1954-1962) et celui aussi important que les essais nucléaires français au Sahara en 1960 avec son lot de victimes encore jusqu’à aujourd’hui. Du côté français, le Président Macron à qui est  revenue la première initiative de la remise le 3 juillet dernier des 24 crânes de 24 chefs  résistants algériens décapités au 19è siècle (1949) par l’armée française, lors de la révolte de Zaâtcha dans le constantinois. Parmi ces martyrs figure  Cheikh Bouziane figure emblématique de la rébellion. Ces restes étaient détenus jusqu’à présent au Musée de l’homme à Paris. Le Président Emmanuel Macron s’est dit par ailleurs très serein pour la relance de la coopération bilatérale dans l’apaisement qu’il attend de ces futures négociations sur le travail mémoriel de « vérité » entre les deux pays.

Benjamin Stora,* historien et écrivain, a été désigné par le Président Macron pour suivre ce travail de mémoire sur la période coloniale. Il est bien connu pour ses nombreux travaux de recherche qui restent des références importantes comme écrits sur l’histoire de l’Algérie et ses relations avec la France.

Abdelmadjid Chikhi, ancien combattant de l’ALN, Directeur national des archives algériennes a été quant à lui chargé par le Président Tebboune aux côtés de Benjamin Stora pour mener ensemble ce travail impérieux sur la mémoire nationale des deux pays. Depuis le 29 avril dernier, Abdelmadjid Chikhi est Conseiller auprès du Président Tebboune chargé des archives et de la mémoire nationale.

On connait de lui son intransigeance comme fervent partisan de l’abrogation du texte de loi française qui préconise la protection du secret de défense nationale. Tout comme il s’est interrogé sur plusieurs écrits en arabe de nombreux Oulémas musulmans qui n’avaient pas été pris en considération dans le travail de mémoire des historiens algériens laïques. A ce titre il reste le plus expert d’entre les experts pour cette mission d’envergure et de confiance. L’Algérie attend beaucoup de ces deux spécialistes de l’histoire pour venir à bout  de la restitution des archives détenues en France, étant convaincue de l’engagement de la France, de sa volonté de régler définitivement ce dossier et faire table rase du passé.

JACKY NAIDJA

*Benjamin Stora : Vient de témoigner sur l’histoire  de l’Algérie en publiant aux éditions Laffont un  ouvrage remarquable sur « Une mémoire algérienne » (Mars 2020).  

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